RedBird Capital Partners, le fonds d'investissement dirigé par Gerry Cardinale, a engagé 4 milliards de dollars pour soutenir le rachat de Warner Bros. Discovery par Paramount, confirmant ainsi sa position de financier central de la plus grande fusion de l'histoire du secteur du divertissement. Cette somme s'ajoute aux 2 milliards de dollars déjà investis par RedBird dans Skydance Media, la société de David Ellison qui avait pris le contrôle de Paramount Global.
L'opération, qui donne naissance à un géant des médias, a été formellement finalisée mardi. Quelques heures après la clôture, des ouvriers ont repeint le célèbre château d'eau des studios Warner Bros. à Burbank pour y ajouter la mention « A Skydance Corporation », entérinant visuellement le changement de propriétaire. David Ellison, PDG de la nouvelle entité, avait dévoilé vendredi le nom du groupe fusionné : Skydance.
Cette fusion intervient dans un contexte financier tendu. L'agence de notation Fitch a abaissé la note de crédit de la nouvelle entité Skydance, invoquant des « risques significatifs d'exécution et d'intégration » ainsi qu'un niveau d'endettement élevé. Cette décision, annoncée lundi soir, fait suite à une mesure similaire prise par S&P Global fin septembre. Les agences de notation et les investisseurs s'inquiètent du poids de la dette contractée pour mener à bien ce rapprochement à plusieurs milliards de dollars.
La direction de Skydance a confirmé lundi la composition de son équipe dirigeante. Si l'attention s'est portée sur la promotion de cadres du contenu comme Casey Bloys, Channing Dungey et George Cheeks, un autre nom a retenu l'attention : celui de JB Perrette. Ce vétéran du streaming, proche collaborateur de l'ancien patron de Warner Bros. Discovery David Zaslav, rejoint l'équipe exécutive d'Ellison. Son arrivée témoigne de la volonté du nouveau groupe de s'appuyer sur des profils expérimentés pour piloter l'intégration des activités de streaming et de télévision.
Le rachat de Warner Bros. Discovery par Paramount, porté par Skydance et financé en partie par RedBird, redessine le paysage hollywoodien. Il crée un ensemble qui réunit des studios historiques, des chaînes de télévision et des plateformes de streaming, dans un marché où la concurrence avec Netflix, Disney et Amazon reste féroce. Les défis ne manquent pas : harmoniser des cultures d'entreprise différentes, rationaliser les effectifs et réduire les coûts tout en maintenant la production de contenus.
Pour RedBird, cet investissement de 4 milliards de dollars confirme sa stratégie d'implantation dans l'industrie du divertissement. Gerry Cardinale, fondateur du fonds, s'était déjà illustré par son soutien à Skydance lors de la reprise de Paramount Global. Avec cette nouvelle injection de capital, RedBird devient un acteur incontournable de la consolidation du secteur médiatique américain, à un moment où les géants traditionnels cherchent à atteindre la taille critique face aux plateformes numériques.
La finalisation de l'opération marque une étape décisive, mais les analystes s'attendent à ce que les prochains mois soient consacrés à l'intégration des équipes et à la restructuration de la dette. La nouvelle entité devra convaincre les marchés de sa capacité à générer des synergies tout en préservant la valeur de ses franchises. Le château d'eau de Burbank, désormais orné du nom Skydance, symbolise ce passage de relais entre l'ère Warner et celle d'Ellison.