L'usage du téléphone au volant pourra désormais entraîner la suspension du permis de conduire partout en France. Le ministère de l'Intérieur a adressé une instruction à l'ensemble des préfets pour leur demander de mettre en place cette mesure, jusqu'ici appliquée dans quelques départements seulement.
La décision, annoncée mardi 29 septembre, marque un durcissement de la politique de sécurité routière. Elle vise à donner une portée nationale à une sanction qui reposait jusqu'alors sur des initiatives locales, créant de fait des disparités entre les territoires. Selon le ministère, il s'agit de répondre à une infraction encore trop fréquente et souvent banalisée.
« Il faut une sanction réelle », a justifié le ministère de l'Intérieur, cité par plusieurs médias, en soulignant que l'objectif est de frapper les esprits et de dissuader les comportements dangereux. La mesure cible en priorité les conducteurs du quotidien, ceux qui consultent leur téléphone au feu rouge ou en roulant, plutôt que les grands excès de vitesse ou les infractions les plus spectaculaires.
Concrètement, les préfets sont invités à appliquer la suspension du permis pour tout usage du téléphone tenu en main au volant, une infraction déjà punie d'une amende et d'un retrait de points. La suspension administrative s'ajoute donc à ces sanctions, avec une durée qui reste à préciser selon les cas et les pratiques départementales.
Cette généralisation s'inscrit dans un contexte de vigilance accrue autour des distracteurs au volant. Le téléphone portable est régulièrement pointé comme l'une des causes majeures d'accidents, au même titre que la vitesse ou l'alcool. Les autorités espèrent que la perspective d'une suspension effective aura un effet plus dissuasif que la seule amende forfaitaire.
L'annonce intervient alors que le sujet suscite un vif intérêt dans l'opinion, comme en témoigne le pic de recherches observé sur le thème du téléphone au volant. Les associations de victimes de la route réclament depuis plusieurs années des sanctions plus fermes et une application uniforme sur tout le territoire.
Reste à savoir comment la mesure sera appliquée localement. Les préfectures devront organiser la procédure, depuis le constat de l'infraction jusqu'à la notification de la suspension, en veillant à harmoniser les pratiques. Les conducteurs pris en flagrant délit s'exposent désormais à une suspension immédiate, une perspective qui pourrait modifier les comportements au volant.
Pour les automobilistes, la règle est simple : téléphoner en conduisant, même brièvement, peut désormais coûter le permis. Une manière pour le gouvernement d'envoyer un message de fermeté, à quelques mois d'une période où les déplacements sur les routes seront nombreux.