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Maryam Moshiri raconte la maladie invisible derrière les directs de la BBC

La présentatrice de BBC News révèle vivre depuis 2024 avec une polycythémie vraie, un cancer du sang rare qui impose un traitement au long cours et bouleverse les gestes ordinaires.

Maryam Moshiri raconte la maladie invisible derrière les directs de la BBC

Armed Forces Institute of Pathology (AFIP) / Wikimedia Commons · Public domain · rights

Cet article a été produit avec l’aide de l’IA sous la responsabilité éditoriale de Haydamax OÜ.

Pendant près de deux ans, Maryam Moshiri a continué à présenter l'actualité mondiale sur BBC News sans rendre publique une réalité qui structurait désormais ses journées. La journaliste a révélé qu'une polycythémie vraie, un cancer du sang rare, lui avait été diagnostiquée en novembre 2024.

À 49 ans, la présentatrice explique avoir choisi de parler maintenant parce qu'elle comprend mieux la maladie et la manière dont elle s'inscrit dans sa vie. Son témoignage accompagne la campagne Here for This de Blood Cancer UK, consacrée aux moments ordinaires que les patients peuvent manquer à cause des traitements, des effets secondaires ou des séjours à l'hôpital.

La polycythémie vraie, souvent désignée par les lettres PV, fait partie des néoplasies myéloprolifératives. La moelle osseuse produit trop de globules rouges. Le sang devient alors plus visqueux et le risque de caillots augmente, avec des complications possibles comme une thrombose veineuse profonde, un infarctus ou un accident vasculaire cérébral.

L'un des aspects les plus troublants du récit de Moshiri est l'absence initiale de signes spectaculaires. Elle dit avoir eu très peu de symptômes lorsque des analyses sanguines ont conduit sa médecin à demander des examens complémentaires. La maladie peut pourtant provoquer fatigue, maux de tête, vertiges, troubles visuels, sueurs nocturnes ou démangeaisons.

Son traitement a d'abord comporté plusieurs saignées thérapeutiques, ou phlébotomies. Le principe consiste à retirer une quantité contrôlée de sang afin de diminuer la concentration de globules rouges. Elle a ensuite reçu un traitement à base d'interféron, qu'elle a trouvé particulièrement difficile à supporter en raison de maux de tête, d'insomnies et de démangeaisons intenses.

En novembre 2025, Moshiri est passée à des injections hebdomadaires de Pegasys. Elle explique que cette nouvelle option est plus efficace pour elle, même si la fatigue continue de limiter certaines journées.

Cette fatigue traverse tout son témoignage. À l'antenne, elle a poursuivi de longues éditions en direct et des déplacements internationaux, notamment au Vatican. Le rythme du direct pouvait l'aider à tenir pendant l'émission. Une fois les caméras coupées, l'épuisement reprenait toute sa place.

À la maison, les conséquences étaient parfois plus douloureuses encore. Moshiri est mère de trois enfants. Elle a raconté qu'elle ne pouvait pas toujours jouer avec eux ou participer aux activités familiales comme avant. Il a finalement fallu leur expliquer pourquoi leur mère passait davantage de temps sur le canapé ou à l'hôpital.

C'est précisément cette dimension quotidienne que son témoignage met en lumière. Un cancer chronique ne se résume pas à une succession d'examens et de médicaments. Il modifie la disponibilité, l'énergie, les projets, la place que l'on peut prendre dans une famille ou dans un travail.

La PV n'est actuellement pas considérée comme guérissable dans le cadre habituel, mais elle peut souvent être contrôlée pendant de longues années. Les médecins adaptent le traitement en fonction des analyses sanguines, de l'âge, des symptômes, des antécédents de caillots et d'autres facteurs de santé. Des saignées, des médicaments qui réduisent la production de cellules sanguines et, pour certains patients, une faible dose d'aspirine peuvent faire partie de cette prise en charge.

Le récit de Moshiri évite ainsi le schéma simple du « combat » avec un début et une fin. Sa réalité est celle d'un équilibre à construire dans la durée: travailler sans nier l'épuisement, accepter de changer de traitement, préserver ce qui peut l'être de la vie familiale et apprendre à vivre avec une surveillance médicale régulière.

En rendant cette maladie visible, elle ne demande pas au public de la regarder autrement à l'antenne. Elle montre plutôt ce que l'image professionnelle ne dit jamais entièrement: une personne peut paraître parfaitement solide tout en négociant, heure après heure, avec les limites d'un corps malade.

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