La majorité des agences d’architecture basées à Londres ne versent pas à leurs assistants architectes de niveau Part I le London Living Wage, pourtant exigé par le Royal Institute of British Architects (RIBA) pour les bureaux concernés. C’est ce que révèle la cinquième édition annuelle de l’enquête salariale « The Pay 100 », publiée au cours du week-end.
Selon ce sondage, réalisé par un groupe anonyme, l’entreprise d’ingénierie BakerHicks arrive en tête du classement des salaires moyens des architectes britanniques ayant moins de cinq ans d’expérience, avec 72 000 livres sterling par an. Le cabinet londonien Hopkins Architects suit avec 63 700 livres, puis Samuel Chisholm Studio et Thomas Alexander Design, à égalité à 56 300 livres. Les chiffres, qui ne sont que des ordres de grandeur fondés sur les moyennes transmises par les répondants, portent sur 127 entreprises britanniques, ainsi que sur le nombre moyen d’heures supplémentaires non rémunérées par semaine.
Pour les postes de Part I, les données recueillies concernent 30 agences, dont 21 situées dans le Grand Londres. Seules les quatre premières du classement, Haworth Tompkins, Allford Hall Monaghan Morris, Studio McW et Studio PDP, dépassent le London Living Wage, fixé à 32 136 livres. Douze des 30 agences versent en revanche à ces assistants un salaire inférieur au salaire minimum vital britannique, qui s’établit à 29 328 livres. Pour les postes de Part II, c’est Transport for London qui affiche la rémunération la plus élevée, à 44 000 livres, devant Foster + Partners, à 42 000 livres.
Au-delà des chiffres, The Pay 100 a adressé une lettre ouverte au RIBA pour lui demander d’agir sur la situation financière des professionnels du secteur. Le groupe y reconnaît que les cabinets évoluent dans un marché très concurrentiel et subissent eux-mêmes de fortes pressions financières, mais estime que ces contraintes ne doivent pas empêcher la profession de répondre à la dégradation des conditions de travail de nombreux salariés. Il affirme que des rémunérations insuffisantes constituent « une menace pour la santé à long terme, la résilience et l’avenir de la profession ».
Le groupe formule deux demandes précises. La première consiste à instaurer des « salaires minimums significatifs » pour les cabinets agréés par le RIBA, selon un barème par fonction qui serait revalorisé chaque année en fonction de l’inflation. La seconde demande que l’institution prenne pleinement en charge l’enquête annuelle, afin de lui donner une portée à l’échelle de toute la profession. Dans sa lettre, The Pay 100 estime que « la profession ne peut pas défendre durablement la valeur de ses services tout en laissant les conditions financières de sa main-d’œuvre aux seules lois du marché », et juge que le RIBA doit jouer un rôle moteur sur ce point.
Le groupe, qui cherche depuis cinq ans à améliorer la transparence salariale par ses sondages, a conclu sa lettre en demandant une réponse publique du RIBA avant le 1er décembre.