La Transportation Security Administration (TSA) envisage d'assouplir ses règles sur les liquides en cabine. Selon des informations rapportées par le New York Times, l'agence américaine de sûreté aérienne étudierait la possibilité d'autoriser les passagers inscrits au programme PreCheck à transporter des bouteilles d'eau à travers les points de contrôle. Une mesure qui constituerait une première brèche dans un dispositif en vigueur depuis près de vingt ans.
Les restrictions actuelles sur les liquides, aérosols et gels en cabine remontent à août 2006. Elles avaient été instaurées après la découverte d'un projet d'attentat déjoué visant des vols transatlantiques, dans lequel des explosifs liquides devaient être dissimulés dans des contenants de boisson. Depuis, les voyageurs sont contraints de limiter leurs contenants à 100 millilitres et de les présenter dans un sac transparent. La règle, devenue familière à des millions de passagers, n'avait jamais été remise en cause pour les membres de PreCheck.
Le programme PreCheck, qui permet aux voyageurs préalablement validés de passer par des files dédiées sans retirer chaussures, ceintures ou ordinateurs portables, pourrait donc devenir le premier canal d'assouplissement. L'idée serait de distinguer les passagers considérés comme à faible risque, déjà soumis à une vérification d'antécédents, et de leur accorder une dérogation sur les liquides. Une telle évolution s'inscrirait dans une logique de différenciation des contrôles selon le profil des voyageurs, déjà appliquée pour d'autres procédures.
L'enjeu est double. Pour les passagers, il s'agirait d'un confort tangible : plus besoin d'acheter une bouteille après les contrôles à des prix souvent élevés, ni de renoncer à emporter sa propre gourde. Pour la TSA, l'objectif serait aussi d'accélérer le flux aux points de contrôle, alors que les files d'attente restent une source récurrente de critiques dans les aéroports américains. La mesure pourrait également réduire le nombre de contenants saisis chaque jour, un volume considérable de déchets et de logistique.
Rien n'indique pour l'instant de calendrier ni de modalité précise. L'agence n'a pas annoncé de décision formelle, et l'étude pourrait ne pas aboutir. Toute modification devrait composer avec les exigences de sécurité héritées de 2006, ainsi qu'avec les équipements de détection déployés dans les aéroports. Les scanners corporels et les machines à rayons X de nouvelle génération permettent déjà, dans certains cas, d'analyser le contenu des bagages sans ouvrir les sacs, ce qui pourrait faciliter une telle exemption.
Si elle se concrétisait, la mesure ferait de PreCheck un programme encore plus distinctif. Elle pourrait aussi relancer le débat sur l'équilibre entre sécurité et fluidité du transport aérien, un sujet sensible aux États-Unis comme en Europe, où des règles similaires sur les liquides s'appliquent. Pour les voyageurs réguliers, l'enjeu dépasse la simple bouteille d'eau : il touche à la manière dont les contrôles de sûreté sont conçus et personnalisés selon le niveau de confiance accordé aux passagers.