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New York teste la géothermie pour refroidir son métro

La ville de New York va étudier l'installation d'un réseau d'énergie thermique géothermique dans le complexe de stations Brooklyn Bridge et Chambers Street, où les températures estivales atteignent 35 °C, afin de rafraîchir les quais et de réutiliser la chaleur en hiver.

Le métro de New York, l'un des plus fréquentés au monde, souffre depuis des décennies de températures estivales difficilement supportables. Pour y remédier, la ville et l'État de New York ont décidé d'étudier l'installation d'un réseau d'énergie thermique (TEN) dans le complexe de stations Brooklyn Bridge 4/5/6 et Chambers Street J/Z, dans le cadre des travaux de rénovation déjà programmés. L'objectif est de faire baisser durablement la chaleur qui s'accumule dans les tunnels et sur les quais.

Le problème n'est pas propre à New York. Le métro de Londres, réputé pour son inconfort, voit l'une de ses lignes surnommée la « Central Heat Line ». Partout, la chaleur dégagée par les trains, leurs moteurs, leurs freins et les millions de voyageurs s'accumule dans des réseaux souvent creusés il y a plus d'un siècle, mal ventilés et mal adaptés à une fréquentation moderne. La climatisation des rames ne fait qu'aggraver la situation : elle extrait la chaleur des voitures pour la rejeter dans les tunnels, tout en consommant de l'énergie supplémentaire.

La station Brooklyn Bridge 4/5/6 illustre particulièrement cette difficulté. Elle atteint régulièrement 35 °C en été, ce qui en fait l'une des plus chaudes du réseau. La station Chambers Street, quant à elle, attend une rénovation depuis longtemps. C'est donc ce complexe qui servira de site pilote pour évaluer l'efficacité d'un réseau d'énergie thermique.

Le principe du TEN consiste à déplacer la chaleur d'un endroit où elle est indésirable vers un endroit où elle peut être utile. Des forages sont réalisés à plusieurs centaines de pieds de profondeur, où la température du sol reste stable et fraîche, autour de 12 °C. Des tuyaux enterrés relient ces puits à la station. Un fluide circule dans les canalisations de la station, absorbe la chaleur ambiante, puis est acheminé vers les forages où il cède ses calories et se refroidit avant de revenir. Avec le temps, la roche environnante se réchauffe et peut servir de batterie thermique : en hiver, le fluide peut être envoyé dans les forages pour récupérer cette chaleur et la distribuer à d'autres bâtiments municipaux.

Cette technologie n'est pas nouvelle. Des forages géothermiques sont utilisés depuis des années en Europe et au Canada pour le refroidissement. À Coney Island, un système de 153 puits géothermiques assure depuis 2019 le confort thermique d'un immeuble résidentiel. Mais déployer une installation suffisamment puissante pour abaisser la température d'un réseau souterrain aussi vaste que celui de New York représente un défi technique considérable.

Pour l'instant, le projet reste une étude de faisabilité. Il s'agit de déterminer si un tel dispositif peut améliorer de manière significative le confort des usagers dans les stations concernées. Si les résultats sont concluants, la demande des voyageurs pour étendre le système à d'autres stations, à New York comme ailleurs, devrait être forte. Le métro en sueur pourrait bien devenir une chose du passé, à condition d'en avoir les moyens techniques et la volonté politique.

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