Le QueerFrames Screenwriting Lab, laboratoire d'écriture destiné aux cinéastes émergents queer, trans et non binaires, étend son action à l'Asie du Sud-Est pour sa quatrième édition annuelle. L'initiative réunit des conteurs d'Inde, des Philippines, du Vietnam, de Singapour, d'Indonésie et de la diaspora, avec huit projets de longs métrages de fiction sélectionnés pour la cohorte 2026. Dans chacun d'eux, la queerness est inscrite au cœur du récit, et non traitée comme un simple élément secondaire.
Cette expansion géographique marque une étape importante pour le laboratoire, qui élargit ainsi son vivier au-delà de ses territoires historiques. Elle répond à une réalité de terrain : les cinéastes queer d'Asie du Sud-Est font face à des obstacles spécifiques pour développer des projets de long métrage, qu'il s'agisse d'accès au financement, de réseaux professionnels ou de visibilité internationale. En ouvrant sa cohorte à cette région, QueerFrames entend créer des ponts entre les créateurs locaux et les professionnels de l'industrie mondiale.
Pour accompagner cette nouvelle promotion, le laboratoire s'appuie sur un parrainage renforcé. La réalisatrice Isabel Sandoval, figure reconnue du cinéma queer et trans, rejoint l'équipe de mentors. Tricia Tuttle, à la tête de la Berlinale, apporte son expérience de sélection et de développement de talents internationaux. Le producteur Anup Poudel, associé au film « Elephants in the Fog », complète ce trio. Leur rôle sera d'accompagner les projets sélectionnés dans leur écriture, leur structuration et leur préparation au marché.
Le choix de ces mentors n'est pas anodin. Isabel Sandoval incarne une pratique cinématographique qui articule identité, esthétique et engagement, tandis que Tricia Tuttle dispose d'une connaissance fine des circuits de festivals et des attentes des programmateurs. Anup Poudel, de son côté, apporte une expérience concrète de la production indépendante. Ensemble, ils couvrent les dimensions créatives, stratégiques et industrielles du développement d'un premier ou deuxième long métrage.
La cohorte 2026 se distingue par la diversité des origines de ses participants, qui viennent de plusieurs pays d'Asie du Sud-Est mais aussi de la diaspora. Cette configuration permet de croiser des regards ancrés dans des contextes culturels et politiques variés, tout en partageant des préoccupations communes autour de la représentation des identités queer et trans. Les huit projets retenus sont tous des fictions, ce qui témoigne de la volonté du laboratoire de soutenir des récits narratifs ambitieux, capables de trouver un public au-delà des cercles militants.
En quatre ans, QueerFrames s'est imposé comme un espace de formation et de réseautage pour une génération de cinéastes qui reste sous-représentée dans les grandes industries du divertissement. L'élargissement à l'Asie du Sud-Est pourrait renforcer cette dynamique en faisant émerger des voix nouvelles sur la scène internationale. Pour les participants, l'enjeu est double : finaliser un scénario solide et se constituer un réseau professionnel durable, dans des environnements où les financements dédiés aux récits queer demeurent limités.
Le laboratoire ne se contente pas d'un accompagnement ponctuel. Il inscrit son action dans la durée, en suivant les projets au fil des étapes de développement et en favorisant les mises en relation avec des producteurs, des agents et des programmateurs. Cette approche vise à transformer des scénarios prometteurs en films effectivement produits et diffusés, alors que de nombreux projets queer restent bloqués faute de soutien structuré.
Avec cette quatrième édition, QueerFrames confirme son ambition : faire de l'écriture un levier de visibilité et de professionnalisation pour les cinéastes queer, trans et non binaires, en Asie du Sud-Est comme ailleurs. La composition de la cohorte et l'arrivée de mentors de premier plan seront suivies de près par un secteur en quête de récits nouveaux et de talents capables de les porter à l'écran.