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« Line of Fire » : une première prometteuse portée par Hope Davis et Peter Krause

La nouvelle série policière de NBC, créée par Peter Safran, mise sur une famille d'agents fédéraux issus d'agences différentes pour renouveler le genre. Le pilote, dense et rythmé, pose les bases d'une intrigue au long cours.

NBC lance « Line of Fire », une série policière qui aurait pu passer inaperçue dans un paysage télévisuel saturé de procéduraux. Mais la présence de Hope Davis et Peter Krause devant la caméra, et de Peter Safran — connu pour avoir créé « Quantico » — à l'écriture, change la donne. Le premier épisode, intitulé « Pilot », a convaincu par sa densité et son rythme, au point que certains critiques ont regardé l'épisode deux fois pour en saisir toutes les subtilités.

Le concept repose sur une famille pas comme les autres : les Hollingsworth. Cinq de ses membres travaillent pour des agences fédérales différentes. On y trouve un marshal des États-Unis, un agent du FBI, deux agents des services secrets et un employé du département de la Justice. Une configuration qui tranche avec les séries habituelles, où tous les personnages évoluent au sein d'une même entité. Ce choix scénaristique crée une dynamique inédite : chaque agent doit gérer sa propre charge de travail, ce qui peut les amener à travailler en opposition plutôt qu'en collaboration.

Cette multiplicité d'agences pose néanmoins des défis narratifs. Si toute la famille se retrouvait sur la même affaire, la crédibilité en pâtirait. Les scénaristes doivent donc trouver des astuces pour écarter certains personnages ou leur confier des enquêtes distinctes. Le pilote illustre cette contrainte en se concentrant sur une intrigue principale — le meurtre d'un marshal — tout en semant les graines d'une seconde affaire, celle d'un possible cover-up impliquant Mike, le patriarche. Clare et Jane enquêtent sur le meurtre, tandis que Mike tente d'attirer Micah et Russ dans son dossier.

La force de « Line of Fire » réside dans les tensions familiales. Les Hollingsworth ne sont pas seulement des collègues : ce sont des parents et des enfants, avec leurs blessures et leurs non-dits. Certains, comme Micah, ont appris à composer avec l'absence et l'attention parcellaire de leurs parents. D'autres, comme Clare et Russ, peinent encore à s'affranchir. Cette dualité les place dans une position étrange : ils désirent ce qui leur fait du mal, parce que c'est inscrit en eux. Un dîner de famille, censé être l'occasion pour Clare de présenter son petit ami, dégénère lorsque un secret éclate au grand jour.

Ce secret, c'est l'existence d'un troisième enfant Hollingsworth, Jack, tenu à l'écart. La série utilise le trope de l'enfant illégitime pour nourrir le mystère, un ressort aussi prévisible que problématique. Jack devient rapidement un point focal : vétéran, il semble s'en prendre à des agents fédéraux en laissant des cartes de visite un peu partout. Son profil de justicier potentiel alimente la conspiration qui traversera la saison. La question de savoir ce qui lui est arrivé et ce que la famille cache reste entière.

L'épisode se conclut par l'irruption d'un agent énigmatique venu d'une autre agence gouvernementale. Il annonce que quelqu'un s'en prend aux agents fédéraux, sort Mike de sa retraite et leur demande de garder leurs dossiers ouverts. Ainsi se met en place la mécanique de la saison : une intrigue fil rouge, des affaires hebdomadaires et un conflit garanti, notamment pour Micah, contraint de travailler sous les ordres de son père alors qu'il pensait s'émanciper.

Le risque, avec une telle ambition, est de diluer l'attention. « Quantico » avait déjà péché par un trop-plein de personnages et d'intrigues. « Line of Fire » pourrait tomber dans le même piège : un récit surchargé et sous-exploité. Mais pour l'instant, la série parvient à équilibrer ses différentes lignes narratives. Reste à voir si elle saura donner à chaque membre de la famille une véritable autonomie, sans sacrifier la conflictualité qui fait son sel. Le potentiel est là, et la première impression est celle d'une série qui mérite le détour.

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