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American Horror Story saison 13 : la confusion ne fait pas le mystère

La saison 13 d'American Horror Story mise sur le retour de personnages emblématiques, mais la nouvelle mythologie et l'écriture confuse suscitent la frustration des critiques, qui y voient une erreur de storytelling.

La saison 13 d'American Horror Story devait marquer le grand retour des personnages emblématiques de la franchise. Après une saison 12, « Delicate », jugée décevante, la série créée par Ryan Murphy semblait miser sur la nostalgie pour se relancer. Mais après trois épisodes, le constat est tout autre : la nouvelle saison brouille les pistes au point de perdre les téléspectateurs les plus fidèles.

Le problème principal réside dans le traitement de la mythologie établie au fil des douze saisons précédentes. Les fantômes qui refont surface — Addie, Kai, Tate, Winter, la Dahlia noire — semblent avoir perdu la mémoire de leur existence post-mortem. Pire, ils apparaissent un peu partout, sans respecter la règle fondamentale qui voulait qu'ils soient liés à la Murder House. Cette incohérence donne l'impression que tout ce qui a été construit auparavant devient soudainement insignifiant. L'explication avancée — la présence de l'Apollyon au-dessus du portail de l'enfer rendrait les règles plus floues — ressemble davantage à une échappatoire scénaristique qu'à une véritable construction narrative.

Au-delà des incohérences, c'est l'écriture des personnages qui pose problème. Constance, incarnée autrefois par Jessica Lange, était une femme acerbe, animée par une colère sourde. Dans cette saison 13, elle apparaît calme, posée, presque méconnaissable. Ce changement radical pourrait cacher un mobile, mais rien ne permet pour l'instant de le justifier. Le personnage de Ben, lui, semble exister uniquement pour semer des indices sur son identité — peut-être est-il Devan, le nouvel Antéchrist — sans que la série ose trancher. Cette accumulation de pistes non résolues finit par lasser.

La scène des sorcières, très attendue, a également déçu. Cordelia lançant un « I'm the f—ing Supreme » à Madison a été perçu comme une tentative désespérée de créer un moment viral, sans construction dramatique préalable. Ce genre de procédé, qui mise sur l'effet plutôt que sur la cohérence, trahit une certaine paresse narrative.

La confusion n'est pas du mystère. Voilà le reproche central adressé à cette saison. Maintenir le spectateur dans le flou pour préparer une révélation fracassante est une chose ; le faire parce qu'on ne lui donne pas assez d'informations pour comprendre l'histoire en est une autre. Les premières saisons, « Murder House », « Asylum » ou « Coven », savaient entretenir le doute tout en offrant un fil conducteur clair. Même lorsqu'elles partaient dans tous les sens, elles conservaient une colonne vertébrale narrative.

La durée réduite des épisodes n'arrange rien. L'intention affichée était de supprimer les longueurs, pas de retirer tout contexte et de laisser le public perplexe. À force de vouloir tout remettre en question, la saison 13 risque de perdre ceux qui étaient prêts à lui donner une chance. Il reste encore possible que cette confusion soit intentionnelle et qu'une révélation majeure vienne tout éclairer. Mais pour l'instant, le pari semble loin d'être gagné.

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