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Neuf gadgets audio réinventent la cassette et le CD à l'ère du streaming

Une nouvelle génération d'appareils audio redonne une place physique à la musique : platines cassette sans Bluetooth, boombox à 104 watts et lecteurs CD muraux séduisent les auditeurs lassés des playlists algorithmiques.

Alors que le streaming a imposé sa commodité, une vague d'appareils audio redonne un corps à la musique. Des platines cassette aux lecteurs CD portables, ces objets ne se contentent pas de recycler une esthétique rétro : ils sont conçus autour du format qu'ils célèbrent, avec des mécanismes visibles, des boîtiers transparents et des fonctions pensées pour l'écoute active. Le mouvement ne relève pas de la nostalgie pure, mais d'une exécution technique assumée.

En tête de cette sélection, le Portable CD Cover Player fait de la pochette un élément central de l'expérience. Le disque s'insère dans l'appareil, la jaquette glisse à ses côtés, et l'album art retrouve la place qu'il occupait avant l'ère des notifications. Proposé en blanc et en noir, ce lecteur minimaliste mise sur le rituel plutôt que sur une liste de fonctionnalités. Son prix de 199 dollars en fait un achat réfléchi, et l'absence de sortie Bluetooth impose une écoute filaire ou le couplage à une enceinte dédiée.

La We Are Rewind GB-001 Boombox assume, elle, une tout autre échelle. Avec ses quatre haut-parleurs hi-fi, deux amplificateurs de graves Class D et deux tweeters, elle délivre 104 watts sur une réponse en fréquence de 40 à 20 000 Hz. Sa platine cassette lit et enregistre, une entrée ampli guitare accepte un instrument réel, et des VU-mètres rétroéclairés remplissent une fonction autant qu'ils installent une ambiance. Le Bluetooth 5.4 prend le relais lorsque les bandes s'arrêtent, et une batterie de 3 000 mAh assure jusqu'à dix heures de lecture. À 48 centimètres de large et près de sept kilos, l'engin n'est pas conçu pour être glissé dans un sac, mais pour s'approprier une pièce.

Le FiiO CP13 incarne une position plus radicale encore : aucun Bluetooth. Le signal part directement de la tête magnétique, traverse un amplificateur opérationnel JRC5532 et ressort par une prise jack 3,5 mm, sans conversion numérique. Compatible avec les cassettes de type I à IV, il couvre l'essentiel des collections existantes. Sa batterie lithium cobalt oxide de 1 800 mAh offre treize heures d'écoute et se recharge en USB-C. À 87,99 dollars, il constitue l'engagement le plus abordable en faveur d'une lecture cassette rigoureuse. Son boîtier transparent laisse voir le mécanisme à l'œuvre, même si cette transparence garde la trace des empreintes.

Plus accessible, le Side A Cassette Speaker s'affiche à 49 dollars pour 80 grammes. Sa coque transparente et son étiquette « Side A » imitent une vraie cassette, tandis que l'intérieur abrite une enceinte Bluetooth 5.3 avec lecture microSD et un profil sonore calibré pour retrouver la chaleur de l'analogique. Ce type d'objet illustre la logique de cette nouvelle vague : des appareils qui ne copient pas les originaux, mais les prolongent avec des composants contemporains.

Ensemble, ces produits dessinent une réponse cohérente à l'écoute passive. Ils ne promettent pas de remplacer les plateformes de streaming, mais de rendre à la musique une présence matérielle : une pochette que l'on tient, un mécanisme que l'on regarde tourner, un son que l'on choisit au lieu de le subir. Pour une génération habituée aux playlists automatiques, l'objet redevient un geste, et le format, une décision.

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