Entre l’animation mécanique d’un automate d’un autre âge et la miniaturisation extrême des objets portables, deux projets récents montrent comment la technologie revisite l’imaginaire de la prédiction. D’un côté, Lillith, une diseuse de bonne aventure animée conçue par le collectif Oh Well Why Not. De l’autre, Aina Ring, une bague intelligente au format discret, présentée comme un assistant personnel au bout du doigt.
Lillith tire son inspiration des machines Zoltar, ces automates de foire popularisés par la culture populaire, dont la silhouette et le principe de consultation ont longtemps fasciné le public. Le projet a demandé environ quatre mois de travail, et son réalisateur a publié un guide détaillé permettant de le reproduire. Son fonctionnement repose sur des servomoteurs pour les mouvements et sur un système de génération vocale pour la parole. Lorsqu’elle n’est pas sollicitée, la figure exécute de petites animations en veille, destinées à attirer la personne suivante. Le concepteur précise toutefois que l’installation n’est pas adaptée à un lieu public en l’état : un usage en extérieur nécessiterait un boîtier plus robuste.
Du côté de la bague Aina Ring, le produit se présente comme un objet porté au doigt, doté d’un petit écran OLED placé au-dessus de l’index. Sa bande en titane renferme environ 140 composants et se décline en quatre finitions. La commande s’effectue au pouce, à l’aide d’un bouton de type manette, qui permet de déclencher sept types de gestes. La bague propose également des suggestions, appelées « Cues », qui s’appuient sur les habitudes et l’agenda de l’utilisateur ; chaque suggestion doit toutefois être validée par la personne avant toute action. La dictée et l’appel passent par une fonction de maintien pour parler, couplée au microphone intégré.
Le fabricant précise que la bague fonctionne uniquement avec un iPhone sous iOS 18 ou supérieur. Les fonctions liées au Mac exigent macOS 15 ou une version plus récente. Android et Windows ne sont pas pris en charge. L’autonomie annoncée atteint 18 heures par charge. Les tailles, de 7 à 13, ne modifient que la bande, et l’objet bénéficie d’une certification IP65. Une précommande en accès anticipé est proposée à 399 dollars au lieu de 499 dollars, pour une livraison prévue début 2027.
Le troisième volet de cette actualité concerne Inkanva, un cadre numérique à écran couleur E Ink Spectra 6, réflectif et dépourvu de rétroéclairage. Les modèles de 7,09 et 13,3 pouces utilisent une recharge par pérovskite conçue pour capter la lumière intérieure. Cette recharge dépend toutefois des niveaux d’éclairage et de la fréquence de changement des images. Le cadre se pilote via une application sur Wi-Fi, avec un mode navigateur local également disponible. Des outils optionnels de transformation de croquis en œuvres par intelligence artificielle sont proposés, ainsi qu’une compatibilité avec Home Assistant. L’édition de 13,3 pouces comprend un entourage en bois interchangeable, tandis que le modèle de 28,5 pouces ne dispose pas du panneau de récupération de lumière. Le modèle de 7,09 pouces est proposé à 159 dollars, contre 239 dollars auparavant, sur une campagne de financement participatif ayant dépassé 358 000 dollars.
Ces produits restent pour l’instant des promesses. Pour la bague comme pour Lillith, l’utilité réelle des prédictions et le confort d’usage ne sont pas encore démontrés au-delà des démonstrations de lancement. Ces projets rappellent néanmoins une tendance : la technologie personnelle cherche à se faire à la fois plus discrète et plus expressive, entre le désir de divertissement et la promesse d’un assistant toujours disponible.