Le retour de Varnell Hill sur le petit écran ne se déroule pas comme prévu. Plus de trente ans après avoir incarné ce personnage exubérant dans la série Martin, Tommy Davidson lui redonne vie dans The Varnell Hill Show, une nouvelle production diffusée sur Paramount+. Mais dès les premières minutes du premier épisode, le charme opère difficilement. La série, qui devait capitaliser sur la nostalgie d’un personnage culte, se révèle être un assemblage bancal, accumulant les maladresses.
La première critique adressée à la série concerne son usage du langage. Dès la première minute, l’insulte raciale la plus infamante de la langue anglaise est prononcée, suivie de plusieurs jurons. Un choix qui détonne avec l’esprit familial de Martin, où l’humour pouvait être osé sans tomber dans la vulgarité gratuite. Cette tentative apparente de séduire un public plus jeune sonne faux et nuit à l’ensemble. Le résultat est un programme qui semble vouloir être « dans l’air du temps » sans comprendre ce qui faisait le charme de l’original.
Mais le problème le plus grave reste l’absence d’humour. Quinze minutes après le début du premier épisode, aucun rire n’est déclenché. Les dialogues sont forcés, les personnages secondaires ressemblent davantage à des caricatures qu’à de véritables protagonistes. Le jeu des acteurs est exagéré, parfois mauvais, et les rires enregistrés n’arrangent rien. Loin de soutenir les vannes, ils ne font que souligner leur faiblesse. La série multiplie les ruptures du quatrième mur, avec des personnages qui se tournent vers la caméra pour commenter l’action, une ficelle qui s’épuise rapidement. Et que dire de Varnell arborant un costume de proxénète jaune ? Trop d’éléments parasites viennent encombrer l’intrigue sans rien apporter.
Même les séquences censées se dérouler sur le plateau du talk-show de Varnell tombent à plat. L’échange avec le chanteur de gospel Kirk Franklin paraît artificiel, et le public en studio manque d’énergie. Sur Martin, l’audience de Varnell était survoltée, pleine d’enthousiasme. Ici, elle semble à peine présente. Seule la musique tire son épingle du jeu : le beatbox de Doug E. Fresh et la performance de Kirk Franklin insufflent un bref élan de vie à l’épisode. Le reste, en revanche, ne convainc pas.
L’apparition de Martin Lawrence, annoncée comme un événement, tourne court. Il n’incarne pas Martin Payne, le personnage adoré de la série originale, mais Mr. Dupree, un usurier à la recherche de l’argent du neveu de Varnell. Une occasion manquée de retrouver la complicité qui avait donné envie au public de voir Tommy Davidson obtenir son propre spin-off. Au lieu de cela, Lawrence apparaît en gangster surchargé, avec une dent en or, bien loin de l’énergie qui avait fait le succès de Martin.
Au final, un seul épisode aura suffi. L’auteur de la critique, fan de longue date de Tommy Davidson et Martin Lawrence, espérait que ce retour fonctionne. Il n’en est rien. La déception est à la hauteur de l’attente : plus de trente ans après, le moment pour un spin-off de Varnell Hill semble peut-être passé, ou du moins mal négocié. La série est disponible sur Paramount+, mais elle laisse un goût amer. Reste à savoir si les téléspectateurs lui donneront une seconde chance. Une chose est sûre : pour l’instant, The Varnell Hill Show ressemble à un gâchis.