Le nouveau RoboCop a désormais un visage. Dan Stevens incarnera Alex Murphy dans la future série de Prime Video, reprenant un rôle associé depuis près de quarante ans à l’une des silhouettes les plus immédiatement reconnaissables de la science-fiction populaire.
Prime Video a commandé huit épisodes. Le point de départ conserve la cruauté simple de l’histoire originale : un immense conglomérat technologique convainc une ville d’intégrer à sa police un robot extrêmement puissant. Cette machine n’est pourtant pas vide. Elle contient la conscience d’un officier apprécié, mort en service. Stevens jouera cet homme, Alex Murphy, et donc la personne qui subsiste derrière l’armure de RoboCop.
Le choix de l’acteur est intéressant parce que sa carrière repose précisément sur les changements de registre. Dan Stevens s’est d’abord fait connaître du grand public avec Downton Abbey, avant de surprendre dans Legion, série où l’identité, les souvenirs et la perception du héros étaient constamment remis en question. Il a aussi joué dans La Belle et la Bête et Godzilla x Kong : Le Nouvel Empire, et doit apparaître dans la deuxième saison de Dexter: Resurrection. Pour RoboCop, cette capacité à passer de l’élégance au trouble, puis à l’action, sera probablement plus importante que la simple présence physique.
Peter Ocko est scénariste, showrunner et producteur exécutif de la série. James Wan, Michael Clear et Rob Hackett sont producteurs exécutifs via Blumhouse Atomic Monster. Michael Miner et Ed Neumeier, cocréateurs et coscénaristes du film original, participent également comme producteurs exécutifs. Amazon MGM Studios assure la production. James Wan n’est donc pas annoncé comme réalisateur : son rôle officiel est celui de producteur exécutif.
Le premier RoboCop, réalisé par Paul Verhoeven en 1987 avec Peter Weller, est devenu culte parce qu’il cachait une satire particulièrement acide sous les apparences d’un film d’action. La privatisation, la cupidité des entreprises, le spectacle médiatique et la transformation de l’être humain en produit y étaient aussi importants que les fusillades. Peter Weller est revenu pour la suite de 1990, Robert Burke a repris le rôle dans RoboCop 3 en 1993, puis Joel Kinnaman a incarné Murphy dans le reboot de 2014. Entre-temps, le personnage a vécu à la télévision, dans l’animation, les jeux vidéo et les comics.
Cette nouvelle adaptation arrive à un moment où certaines idées du film semblent moins futuristes qu’autrefois. Les villes expérimentent de nouveaux outils de surveillance, les systèmes d’intelligence artificielle entrent dans les services publics, et le rôle des grandes entreprises technologiques dans la vie collective fait l’objet de débats constants. James Wan a justement souligné que les questions de technologie, d’identité et de pouvoir des entreprises, déjà centrales chez Verhoeven, sont devenues encore plus pressantes.
Le format sériel pourrait permettre d’aller plus loin dans cette dimension. Huit épisodes offrent le temps de raconter non seulement la naissance d’un policier-machine, mais aussi le conflit entre l’homme qu’était Murphy et le système qui voudrait définir ce qu’il est désormais. Derrière la mécanique spectaculaire se trouve une histoire très intime : celle d’un individu qui tente de retrouver sa mémoire, sa volonté et peut-être sa place parmi les vivants.
Prime Video n’a pas encore annoncé de date de diffusion. L’arrivée de Stevens donne néanmoins au projet un point d’ancrage concret. Pour réussir, cette version devra probablement faire ce que le meilleur RoboCop a toujours fait : divertir avec une machine impressionnante tout en rappelant, juste en dessous du métal, que la véritable bataille concerne l’humanité de celui qui la porte.