Derrière l’armure de RoboCop, il y aura Dan Stevens. Prime Video a choisi l’acteur britannique pour incarner Alex Murphy dans sa nouvelle adaptation télévisée, une décision qui replace immédiatement la dimension humaine au centre d’une franchise souvent résumée à son métal, ses armes et sa silhouette imposante.
La série comptera huit épisodes. Son synopsis officiel reprend la mécanique essentielle du récit : un gigantesque conglomérat technologique persuade une ville d’intégrer à sa police un robot particulièrement puissant. Dans ce corps artificiel a été implantée la conscience d’un policier mort, aimé et respecté. C’est là que se trouve le vrai vertige de RoboCop. Murphy ne revient pas simplement à la vie ; il revient dans un corps dont les fonctions, les limites et les objectifs peuvent être fixés par d’autres.
Dan Stevens possède un parcours qui peut donner du relief à cette dualité. Révélé à un très large public par Downton Abbey, il a ensuite construit une filmographie où les changements de registre sont fréquents. Legion lui a notamment offert un rôle centré sur l’identité, la mémoire et une perception du réel profondément instable. Au cinéma, il a joué dans La Belle et la Bête et Godzilla x Kong : Le Nouvel Empire. Il est également attendu dans la deuxième saison de Dexter: Resurrection.
Peter Ocko écrira la série et en sera le showrunner ainsi qu’un producteur exécutif. James Wan, Michael Clear et Rob Hackett participent comme producteurs exécutifs via Blumhouse Atomic Monster. Michael Miner et Ed Neumeier, cocréateurs et coscénaristes du RoboCop de 1987, sont eux aussi associés au projet. Amazon MGM Studios produit l’ensemble. L’implication de James Wan est importante, mais elle ne signifie pas qu’il réalisera la série : il intervient comme producteur exécutif.
Le film de Paul Verhoeven, avec Peter Weller, avait créé une figure de science-fiction spectaculaire tout en racontant quelque chose de très sombre sur le corps, le travail et le pouvoir. Alex Murphy y devenait littéralement un actif d’entreprise après sa mort. Cette idée donne au personnage une dimension tragique qui dépasse largement le fantasme du super-policier. Les suites, les séries, les productions animées, les jeux et le reboot de 2014 avec Joel Kinnaman ont prolongé la marque, mais c’est toujours ce conflit entre la personne et la machine qui permet à RoboCop de rester reconnaissable.
Près de quarante ans plus tard, ce conflit n’a rien perdu de son actualité. Au contraire, le vocabulaire a changé : intelligence artificielle, automatisation, données personnelles, surveillance, plateformes privées. Les technologies ne ressemblent pas encore au RoboCop de fiction, mais les interrogations sur la place qu’elles prennent dans les institutions et sur les acteurs qui les contrôlent sont bien réelles. James Wan a d’ailleurs présenté les thèmes de technologie, d’identité et de pouvoir des entreprises comme des raisons essentielles de reprendre cette histoire aujourd’hui.
Le format de huit épisodes offre aussi l’occasion d’accorder davantage de place à Murphy avant et après sa transformation. Une série peut observer ce que la perte d’un corps, le retour de souvenirs et l’impossibilité de retrouver une vie normale font à un homme. Elle peut également donner plus d’espace aux proches, aux collègues et aux personnes qui voient un être aimé revenir sous une forme qui n’est plus tout à fait la sienne.
Prime Video n’a pas encore fixé de date de sortie. Le visage de la série, lui, est désormais connu. Dan Stevens devra faire vivre la contradiction qui a toujours rendu RoboCop touchant : une machine conçue pour obéir, habitée par quelqu’un qui se souvient peu à peu qu’il a été un homme libre.