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Google Japan dévoile un clavier à tapis roulant, entre gag et défi technique

Google Japan présente GBoard, un clavier mécanique dont les rangées de touches défilent sur des tapis roulants imprimés en 3D. Un projet absurde, documenté sur GitHub, qui interroge la frontière entre farce et innovation.

Google Japan a dévoilé un nouveau clavier expérimental qui pousse l'absurde à un niveau inédit : les touches ne sont plus fixes, mais réparties sur quatre tapis roulants imprimés en 3D. Chaque rangée défile devant l'utilisateur, obligeant ce dernier à attendre qu'une lettre particulière repasse à portée de doigt pour la saisir. Le projet, baptisé GBoard, est publié sur GitHub avec les fichiers STL, un guide de construction et un firmware, ce qui le rend reproductible pour qui voudrait s'offrir une expérience de frappe volontairement pénible.

Le dispositif repose sur quatre chaînes imprimées en 3D, chacune portant des interrupteurs mécaniques. Un moteur logé dans la base entraîne l'ensemble, tandis qu'un circuit imprimé flexible maintient la connexion électrique entre les touches en mouvement. Mais une question technique reste en suspens : comment les signaux électriques des touches parviennent-ils à l'ordinateur une fois que celles-ci défilent sur le tapis ? Le guide de construction indique « à déterminer » et le code source semble incomplet. Google Japan n'a pas précisé si cette partie serait un jour documentée, laissant planer le doute sur la faisabilité réelle du projet.

Cette lacune n'a pas empêché les observateurs de spéculer sur les solutions possibles. Certains imaginent un microcontrôleur Bluetooth intégré à chaque courroie, d'autres des étiquettes RFID sur les touches avec des lecteurs dans la base, ou encore des LED montées sur le circuit flexible qui clignoteraient le code ASCII de chaque touche pressée devant un capteur fixe. Aucune de ces pistes n'a été confirmée, mais elles témoignent de l'intérêt suscité par ce projet qui, sous ses airs de farce, soulève de vrais défis d'ingénierie.

Google Japan n'en est pas à son premier clavier loufoque. La firme avait déjà présenté un clavier en forme de téléphone rotatif, ainsi qu'un chapeau équipé de touches. Comparé à ce dernier, le GBoard à tapis roulant paraît presque pratique, même si le modèle rotatif conserve une indéniable élégance rétro. Cette série de prototypes s'inscrit dans une tradition de projets expérimentaux où l'humour côtoie la démonstration technique, sans vocation commerciale affichée.

Le clavier à tapis roulant rappelle aussi, en négatif, les imprimantes à chaîne d'autrefois, où les caractères défilaient devant le papier. Ici, c'est l'utilisateur qui doit attendre que la bonne touche se présente. Pour écrire des mots simples, l'exercice relève du parcours d'obstacles ; pour des termes plus rares comme « ooid » ou « princesship », il devient carrément acrobatique. La lenteur du processus est assumée, et c'est précisément ce qui fait le sel de la démonstration.

La publication des fichiers STL et du guide de montage change toutefois la nature du projet. Ce qui aurait pu rester une simple vidéo humoristique devient une base de travail pour la communauté des fabricants. Des passionnés pourraient tenter de résoudre l'énigme de la transmission des signaux et proposer leurs propres solutions. Google Japan n'a pas annoncé de suite, mais le dépôt GitHub reste ouvert, et les curieux sont invités à s'en emparer.

Ce type d'initiative illustre une tendance de fond dans l'industrie technologique : les entreprises utilisent des projets délibérément absurdes pour tester des idées, attirer l'attention et stimuler la créativité de leurs équipes. Le clavier à tapis roulant n'a probablement aucune chance de devenir un produit, mais il pose une question sérieuse sur nos interfaces : et si la fixité des touches n'était qu'une convention parmi d'autres ? La réponse, pour l'instant, tient dans un tapis qui tourne et un guide de construction inachevé.

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