Sur une colline dominant une petite ville lacustre de la préfecture de Shiga, au Japon, l'agence FORM / Kouichi Kimura Architects a livré une résidence d'environ 71,56 m² pensée pour un unique occupant. Loin de réduire le programme à sa seule dimension fonctionnelle, Minimalist House fait de l'individu l'unité de base de la composition : les espaces essentiels sont conservés, mais la lumière, le vent, le son et le paysage sont invités à façonner l'intérieur.
Le projet se compose de deux volumes distincts. Un bâtiment principal de deux étages abrite la cuisine et la salle à manger au rez-de-chaussée, tandis que le salon et la chambre prennent place à l'étage. Une annexe de plain-pied, reliée au volume principal par un passage vitré, accueille la salle d'eau et la douche, isolant ainsi les zones humides des espaces de vie. L'écart ménagé entre les deux constructions crée une ligne de vue continue depuis la route, traversant la maison jusqu'au lac, et constitue un espace intermédiaire entre l'intérieur et le paysage.
À l'intérieur, les architectes ont privilégié des ouvertures cadrées, positionnées pour encadrer des vues précises. Cette approche limite volontairement la portion de paysage visible en une seule fois et concentre l'attention sur des scènes singulières au-delà des fenêtres. Les deux niveaux du bâtiment principal suivent des plans ouverts, reliés verticalement par un vide double hauteur. Les variations de hauteur de plancher et de plafond délimitent subtilement les différentes zones sans les cloisonner totalement.
L'espace de vie supérieur a également été pensé pour l'écoute de la musique : le volume en double hauteur permet au son de résonner dans la pièce. Des fenêtres hautes latérales laissent entrer la lumière naturelle, projetant sur les murs et les sols des ombres qui évoluent au fil de la journée. Le passage entre les deux volumes, à travers le corridor vitré, instaure une transition sensible par la lumière, la brise et le paysage environnants.
En organisant la maison autour d'un seul occupant, la conception recourt à une composition spatiale minimale pour créer une impression de profondeur qui dépasse ses dimensions physiques. La séparation des volumes, les vues cadrées et le lien constant avec l'environnement donnent naissance à une résidence où architecture et paysage restent étroitement associés. Le projet, photographié par Norihito Yamauchi, s'inscrit dans une parcelle de 271,10 m² et témoigne d'une manière d'habiter qui fait de la contrainte de surface un point de départ plutôt qu'une limite.