Une horloge à affichage 7 segments peut être réalisée de multiples façons : avec des circuits logiques de la série 74, un microcontrôleur associé à un module d'horloge temps réel, ou, plus rarement, sans aucune électronique numérique. C'est la voie qu'a choisie la société japonaise Tamura avec sa Lumitime, une horloge qui affiche l'heure sur des néons rouges tout en reposant sur un mécanisme entièrement mécanique.
De l'extérieur, la Lumitime ressemble à une horloge numérique classique, avec son affichage rouge vif à sept segments. Mais elle ne contient ni compteur, ni module d'horloge temps réel, ni puce logique à transistors pilotée par un cristal de 32,768 kHz. À la place, un moteur entraîne une série d'engrenages qui font tourner des plaques métalliques sous des contacts à doigts glissants. Le train d'engrenages et les plaques sont agencés de manière à allumer les néons des différents segments dans le bon ordre pour afficher l'heure courante.
Le principe rappelle celui d'un piano mécanique : au lieu de jouer une mélodie, le mécanisme commute les segments de l'affichage pour faire apparaître les bons chiffres au bon moment. Cette approche ingénieuse permettait de produire une horloge d'apparence numérique à une époque où l'électronique numérique véritable restait très coûteuse. Le démontage de l'appareil, réalisé par Mark Furneaux, met en évidence la mécanique à engrenages et les contacts qui commandent les néons.
Cette conception illustre une étape méconnue de l'histoire de l'affichage : avant la généralisation des circuits intégrés, plusieurs fabricants ont exploré des solutions électromécaniques pour offrir l'esthétique du numérique sans en supporter le coût. La Lumitime de Tamura en est un exemple abouti, avec un boîtier soigné et un affichage lumineux qui trompe l'observateur sur la nature réelle de son fonctionnement.
Le mécanisme repose sur une synchronisation précise entre la rotation du moteur, la position des plaques et l'ouverture ou la fermeture des contacts. Chaque segment est allumé ou éteint par un contact dédié, ce qui impose une conception minutieuse du train d'engrenages. Contrairement à une horloge numérique moderne, aucune programmation ni aucun composant logique n'intervient : tout repose sur la géométrie et le mouvement.
Ce type de réalisation reste aujourd'hui une curiosité technique, appréciée des amateurs d'horlogerie et d'électronique ancienne. Il rappelle que l'affichage à sept segments, devenu omniprésent dans les appareils électroniques, a d'abord été un défi d'ingénierie que certains ont résolu par des moyens purement mécaniques.