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« Touch Grass » construit un monde où les traces numériques deviennent des personnes

Le thriller psychologique s’inspire de la « dead internet theory » et imagine The Feed, une couche cachée du réseau peuplée de doubles créés par l’IA.

Хоррор «Touch Grass» превратит теорию мёртвого интернета в историю о цифровых двойниках

Фото: Gabriella Sudjono / Unsplash · Unsplash License · rights

Touch Grass part d’une hypothèse simple à formuler : que pourrait produire un système disposant de suffisamment de données sur une personne, de ses habitudes et même de ses désirs ? Le nouveau projet d’horreur psychologique répond par The Feed, un monde numérique caché où les traces deviennent des copies humaines.

Le projet est annoncé comme lié à un producteur de Backrooms, mais le nom de cette personne n’apparaît pas dans la description actuellement disponible. Backrooms, réalisé par Kane Parsons, est sorti aux États-Unis le 29 mai 2026. Sa liste de producteurs comprend notamment James Wan, Shawn Levy, Dan Cohen, Dan Levine, Chris Ferguson, Osgood Perkins et d’autres responsables de production.

Le récit de Touch Grass suit une jeune femme employée par une société mystérieuse qui développe des personnalités d’intelligence artificielle. Elle découvre The Feed, une infrastructure ou un univers situé sous l’Internet ordinaire. On y trouve des bots, des personnages fabriqués et les empreintes numériques de personnes réelles.

Selon le synopsis, ces données servent à produire des doubles. Ils ne sont pas simplement copiés à partir d’une apparence ou d’un historique public : leur forme dépend des désirs les plus intimes des individus dont ils proviennent. Le film transforme ainsi la personnalisation algorithmique en mécanisme d’horreur. Plus le système comprend ce que quelqu’un veut, plus sa copie peut devenir persuasive.

Le cadre conceptuel est la « dead internet theory ». Cette théorie conspirationniste soutient qu’une part considérable de l’activité du Web serait déjà automatisée et que de nombreux contenus attribués à des humains seraient en réalité générés par des bots ou par l’IA. Des versions précoces circulaient sur des forums anonymes à la fin des années 2010. Elle ne doit pas être confondue avec un constat statistique sur Internet.

Ce qui a changé, c’est le contexte technique. Les systèmes génératifs rendent désormais courants des usages comme la génération d’images par texte, le clonage de caractéristiques vocales et la mémoire de contexte chez certains personnages conversationnels. Ces usages réels ne valident pas la théorie de l’Internet mort, mais ils rendent son imaginaire immédiatement compréhensible.

Le titre apporte une seconde couche d’information culturelle. « Touch grass » est une expression utilisée pour conseiller, souvent avec ironie, de quitter les disputes en ligne et de reprendre contact avec la vie réelle. Merriam-Webster l’a définie comme la participation à des activités normales du monde réel, par opposition aux expériences et interactions en ligne.

Le film inverse donc la logique du terme. Si The Feed conserve assez de matière pour reconstruire quelqu’un, la déconnexion ne détruit ni les données ni le double. Le projet ne communique pas encore, dans sa description disponible, le nom du réalisateur, la distribution ou une date de sortie. Ces éléments détermineront la prochaine étape. Pour l’instant, Touch Grass se distingue surtout par la manière dont il convertit des outils déjà accessibles — génération de contenus et personnages conversationnels — en une fiction sur la perte de contrôle de son identité numérique.

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