Changer de chaîne d'un simple clignement des yeux ou d'une contraction du poignet : c'est ce que propose le Neuro PlayGround Lite (NPG Lite) de la société Upside Down Labs. Ce boîtier, présenté comme un dispositif de contrôle cérébral, mesure en réalité les biopotentiels du corps humain. Une nuance de taille, mais qui n'enlève rien à l'intérêt du projet, dont l'exemple le plus abouti consiste à piloter un téléviseur à distance sans télécommande.
Le NPG Lite n'est pas un casque à électrodes destiné à lire dans les pensées. Il s'agit d'un amplificateur d'instrumentation à trois canaux, couplé à un convertisseur analogique-numérique et à une puce radio ESP32-C6. Cet ensemble est conçu pour capter des tensions biologiques extrêmement faibles. Selon l'emplacement des électrodes et le traitement du signal, le même matériel peut servir à l'électroencéphalographie (EEG), à l'électromyographie (EMG), à l'électrocardiographie (ECG) ou à l'électrooculographie (EOG). Autrement dit, il peut lire l'activité cérébrale, l'activité musculaire, le rythme cardiaque ou les mouvements oculaires.
Dans le projet présenté sur Instructables, l'objectif est simple : utiliser un clignement des yeux ou un geste musculaire pour envoyer une commande à un appareil. Comme le NPG Lite embarque un ESP32, il suffit de le relier à un émetteur-récepteur infrarouge pour reproduire les signaux d'une télécommande classique. Le véritable défi ne réside pas dans la transmission du signal, mais dans la lecture fiable des clignements et des contractions. C'est là que l'amplificateur d'instrumentation et le logiciel de traitement du signal jouent un rôle central. On ne peut pas brancher des biocapteurs directement sur une entrée analogique d'un ESP32 : le signal est trop faible et trop bruité.
Le NPG Lite se présente donc comme une porte d'entrée accessible vers les interfaces homme-machine fondées sur les biosignaux. Une fois que le système identifie de manière fiable un mouvement oculaire ou musculaire, la commande d'un appareil devient presque triviale. Le contrôle par EEG, plus ambitieux, reste possible mais demande un apprentissage pour maîtriser ses propres ondes cérébrales. L'EMG et l'EOG s'avèrent nettement plus pratiques pour des applications du quotidien.
Reste la question de l'usage. Coller des capteurs sur son corps chaque fois que l'on veut regarder une vidéo n'a rien d'engageant. Mais pour les personnes en situation de handicap ou pour des usages spécialisés, cette approche ouvre des perspectives concrètes. Le projet s'inscrit dans une tendance plus large : des interfaces qui exploitent les signaux biologiques pour interagir avec des objets connectés. On a déjà vu ce type de technologie servir à commander des boissons ou à jouer à des jeux vidéo. Le NPG Lite n'est peut-être pas le contrôle cérébral de la science-fiction, mais il constitue une démonstration concrète et abordable de ce que les biopotentiels peuvent apporter à l'interaction avec les machines.