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Maruja fête les 50 ans du punk au 100 Club et défend l'engagement politique

Le groupe de jazz-punk Maruja a clôturé les 50 ans du festival Punk Special du 100 Club à Londres, avec des billets à 1,50 £. Le saxophoniste Joe Carroll revient sur une année « porteuse de vie » et sur l'importance de l'engagement politique dans la musique.

Le groupe londonien Maruja a clôturé ce week-end les célébrations du 50e anniversaire du festival Punk Special du 100 Club, une salle emblématique de Londres qui a accueilli les Sex Pistols, The Clash, Siouxsie And The Banshees ou encore The Damned. Le sextet de jazz-punk a assuré la tête d'affiche de la seconde soirée, aux côtés du groupe post-punk Opus Kink, avec des billets volontairement ramenés au prix de 1976 : 1,50 £.

Pour Joe Carroll, saxophoniste et chanteur de Maruja, cette commémoration tombe à point nommé. « C'est un moment très approprié », confie-t-il, alors que le groupe traverse une année qualifiée de « porteuse de vie » depuis la sortie de son premier album, Pain To Power, il y a un an. Un disque qui a permis au groupe de donner une cohérence à son message et à sa musique, après deux EP qui les avaient déjà emmenés en tournée mondiale.

L'actualité politique s'est invitée dans les conversations du groupe. Le rappeur Macklemore a été retiré de la tournée d'Ed Sheeran après un discours pro-palestinien au Gillette Stadium. Robert Kraft, propriétaire du stade et milliardaire, a menacé d'interdire les futurs concerts de Sheeran aux États-Unis si Macklemore restait sur la tournée. Un épisode qui fait écho aux paroles de Maruja, notamment le vers « When it's money over minds, there will never be a truce ».

« Ed Sheeran et Macklemore sont au cœur de nos conversations en ce moment », explique Carroll. « C'est un exemple très public de ce qui se passe depuis longtemps derrière des portes closes, dans un sens plus politique ou économique. » Le groupe, ouvertement pro-palestinien, espère que cette polémique ramènera l'attention sur « ce qui se passe réellement en Palestine », appelant à « utiliser sa voix, faire pression sur ses députés locaux et aller aux rassemblements ». Pour lui, « il ne s'agit pas de Macklemore et Ed Sheeran ».

Le musicien ne mâche pas ses mots : « On vous induit en erreur en vous faisant croire qu'il faut choisir un camp, mais c'est un génocide. Il ne devrait pas y avoir de “choix de camp”, c'est juste une question de moralité humaine de base. » Interrogé sur l'attitude d'Ed Sheeran, qui refuse de prendre position publiquement, Carroll estime qu'« il n'y a aucun intérêt à avoir de l'argent à ne plus savoir qu'en faire si, dans une situation où des enfants sont tués, on ne dit rien ». Il ajoute : « Cela montre vraiment de quel côté son pain est beurré. »

Au-delà de la politique, Maruja savoure les retombées de Pain To Power. Le groupe a vu ses paroles résonner auprès des fans, au point de déclencher une « épidémie de tatouages » à son effigie. « On nous envoie des photos tout le temps, des gens se font tatouer la pochette ou des paroles. Avoir cet impact sur des personnes qu'on n'a jamais rencontrées, c'est assez fou », s'émerveille Carroll. Le vers le plus tatoué serait le deuxième couplet de « Look Down On Us », un morceau sur « la culture oppressive » actuelle et sur la solidarité comme moyen de s'en sortir.

Pour Carroll, la scène live reste le meilleur baromètre de l'effet de leur musique. « Voir comment les paroles, le message et la musique ont ému les gens lors des concerts, c'est là qu'on a le reflet le plus honnête », dit-il. Cette interaction directe avec le public nourrit le groupe, qui se dit « dans une position unique » après avoir construit son audience grâce à deux EP avant de livrer un premier album complet.

Alors que le punk célèbre un demi-siècle d'existence, Maruja incarne une nouvelle génération qui mêle jazz, punk et engagement. Le groupe doit prochainement repartir en tournée, fort de cette année « porteuse de vie » et d'un public qui semble avoir adopté son message de solidarité. « Faites ce que vous pensez être juste et partagez-le avec le monde », résume Carroll, une devise qui pourrait bien définir l'esprit du punk en 2026.

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