Wireva

Le Victoria & Albert Museum au cœur du London Design Fair 2026

Le London Design Fair 2026 a fait du Victoria & Albert Museum son épicentre, avec dix installations, le Global Design Forum et le Digital Design Weekend, où artisanat japonais et intelligence artificielle se sont croisés.

Le Victoria & Albert Museum de South Kensington s'est imposé comme le cœur battant du London Design Fair 2026. Le musée londonien a accueilli dix installations curatées, le Global Design Forum et le Digital Design Weekend, faisant de ses galeries un carrefour où se croisent artisanat séculaire, design contemporain et technologies numériques.

Parmi les propositions présentées, l'exposition Craft x Tech Tokai revenait pour une deuxième édition. Le projet associe des artisans issus de six régions japonaises à des designers internationaux pour repenser des techniques centenaires. Laque, métal, bois, céramique, papier washi et textiles ont servi de terrain d'expérimentation, mêlant savoir-faire traditionnel et formes actuelles.

Plusieurs pièces ont particulièrement retenu l'attention. Grid Unwoven, fruit de la collaboration entre Mino Washi et le studio Lanzavecchia + Wai, est un paravent autoportant qui réinvente le shoji traditionnel. Les fibres du papier, tantôt denses, tantôt délicates, évoquent une cascade dont la texture se révèle au gré du rétroéclairage.

Fushi, signé David Caon en collaboration avec Mino Yaki, se présente comme une console et une lampe modulaires en céramique. Des formes identiques, assemblées autour d'une structure interne, se distinguent par l'émail Oribe, dont l'imprévisibilité rend chaque surface unique. Yamollo, d'Atang Tshikare, exploite le tressage Iga Kumihimo pour créer une lumière sculpturale inspirée par un feu contenu dans une montagne. Les cordes aux tons terreux forment une enveloppe dont l'intensité lumineuse croît vers le sommet, laissant apparaître la finesse du tissage.

Eugene Studio a pour sa part dévoilé une série de chaises en bois et de récipients à thé, associant menuiserie japonaise traditionnelle et céramique Seto Sometsuke. Enfin, Kataginu, de Bethan Laura Wood, transpose les techniques de teinture et de pliage Arimatsu Narumi Shibori dans une série de luminaires aux formes sculpturales, inspirées des épaules exagérées du gilet japonais kataginu.

Au Lydia and Manfred Gorvy Lecture Theatre, le Global Design Forum avait pour thème Worlds in Motion, consacré aux circulations du design entre cultures, disciplines et géographies. La journée du dimanche, dédiée au design pour les sens, a abordé la couleur, le son, le goût et les nouveaux processus créatifs liés à l'intelligence artificielle. La session animée par Flora a exploré la manière dont l'IA transforme la création, de l'itération rapide à la prise de décision, et ce qui gagne en valeur lorsque la fabrication devient plus simple. Les échanges ont notamment porté sur le passage de la photographie au modèle 3D puis à l'avatar dans les jeux vidéo.

Alex Mustonen, de Snarkitecture, s'est entretenu avec le maître assembleur de Bowmore, le Dr Calum Fraser, sur les points communs entre conception et élaboration du whisky. Leur collaboration sur la collection Captivo a servi de point de départ à une réflexion sur le lieu, les matériaux et l'artisanat. Le public a pu voir, sentir et goûter les résultats de cette rencontre.

En clôture du festival, le Digital Design Weekend a convié les visiteurs à explorer l'intersection de l'art, du design et de la technologie. Installations interactives, ateliers et démonstrations ont abordé des sujets allant de l'intelligence artificielle et de la culture numérique à l'écologie et aux mondes multi-espèces, accompagnés de DJ sets et de boissons.

Avec cette programmation, le Victoria & Albert Museum confirme son rôle de plateforme où le patrimoine dialogue avec l'innovation, et où le London Design Fair trouve un ancrage à la fois historique et résolument tourné vers l'avenir.

Same event, other desks

Story file →