Lorsque Phoebe Bridgers est apparue au festival du film de Venise avec les jambes non épilées, l'événement a fait la une des médias. La chanteuse devenue actrice, âgée de 32 ans, a fait ses débuts sur la Mostra le week-end dernier, et ses mollets recouverts de poils ont suscité des commentaires. Pourtant, en 2026, le poil féminin devrait être le dernier des soucis. L'épilation demeure néanmoins un rituel incontournable pour de nombreuses femmes, même si les attitudes semblent évoluer, particulièrement chez les jeunes générations.
Le magazine Vogue a estimé que, plutôt que de nuire à la féminité du look, le poil assumé le renforçait. Les photos de l'artiste ont généralement été saluées par ses fans. Cette réaction contraste avec le tollé provoqué par les aisselles non rasées de Julia Roberts lors de la première londonienne de « Coup de foudre à Notting Hill » en 1999. Deux décennies plus tard, le geste de Phoebe Bridgers interroge sur ce que les femmes de la génération Z et les millennials pensent réellement de l'abandon du rasoir.
Pour beaucoup de jeunes femmes, la décision de laisser pousser ses poils relève d'un choix esthétique et politique à la fois. Certaines vont même plus loin en teignant leurs poils d'aisselles pour les rendre plus visibles, transformant ce qui était caché en affirmation. Cette pratique, encore marginale, témoigne d'une volonté de dépasser les injonctions traditionnelles de douceur et de lisse imposées aux corps féminins.
Le débat dépasse le simple geste de beauté. Il touche à la pression sociale, à la liberté de disposer de son corps et à la définition même de la féminité. Si l'épilation reste majoritaire, la visibilité croissante de femmes célèbres assumant leurs poils contribue à normaliser une diversité de pratiques. Les marques de cosmétiques commencent d'ailleurs à s'emparer du sujet, proposant des produits pour entretenir le poil plutôt que pour l'éliminer.
Cette évolution s'inscrit dans un mouvement plus large de remise en question des standards de beauté. Les jeunes générations, abreuvées de contenus sur les réseaux sociaux, sont plus enclines à célébrer l'authenticité et le naturel. Le corps poilu cesse d'être un tabou pour devenir, pour certaines, un terrain d'expression personnelle. Reste à savoir si cette tendance, portée par des figures publiques comme Phoebe Bridgers, parviendra à s'imposer durablement face à une industrie de la beauté qui a bâti son empire sur l'épilation.