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Le Brésil adopte une « loi Taylor Swift » après la mort d’une fan lors d’un concert

Trois ans après le décès d’une spectatrice lors d’un concert de Taylor Swift à Rio de Janeiro, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a signé deux décrets imposant la distribution gratuite d’eau dans les grands événements et renforçant la lutte contre la revente illégale de billets.

Le Brésil a introduit de nouvelles réglementations pour les concerts, trois ans après la mort d’une fan de Taylor Swift, victime d’un épuisement dû à la chaleur lors d’un spectacle de l’« Eras Tour » à Rio de Janeiro. Le président Luiz Inácio Lula da Silva a signé lundi deux décrets qui imposent la mise à disposition gratuite d’eau potable lors des grands rassemblements et durcissent les règles contre la revente de billets à prix excessifs.

Cette législation, rapidement surnommée « loi Taylor Swift » par la presse locale, découle directement du drame survenu en novembre 2023. Ce soir-là, Ana Clara Benevides, 23 ans, s’était effondrée dans le public alors que les températures dépassaient les 40 degrés dans le stade Nilton Santos. Transportée à l’hôpital, elle était décédée peu après, victime d’un arrêt cardiaque provoqué par l’exposition prolongée à une chaleur extrême. Les spectateurs présents avaient alors rapporté qu’il était impossible d’acheter de l’eau à l’intérieur de l’enceinte et que les bouteilles étaient confisquées à l’entrée, une pratique courante lors des grands concerts brésiliens.

La mort de la jeune femme avait provoqué une vive émotion dans le pays et contraint l’organisation du concert à modifier ses règles en urgence. La chanteuse américaine elle-même avait exprimé sa peine sur les réseaux sociaux, évoquant une « perte dévastatrice ». L’enquête ouverte par les autorités de Rio de Janeiro avait mis en lumière les manquements des organisateurs, qui n’avaient pas prévu de points d’eau accessibles ni de zones de repos adaptées à une chaleur caniculaire.

Les deux décrets signés par le chef de l’État brésilien visent à éviter qu’un tel drame ne se reproduise. Le premier texte oblige les organisateurs de festivals, de concerts et de tout événement de grande ampleur à garantir l’accès gratuit à l’eau potable pour tous les participants. Cette obligation s’accompagne de la mise en place de points de rafraîchissement et de zones ombragées lorsque les conditions météorologiques l’exigent. Le second décret renforce les sanctions contre la revente illégale de billets, un fléau qui prive de nombreux fans de places à prix officiels et les pousse vers des circuits parallèles aux tarifs prohibitifs.

Les associations de consommateurs brésiliennes ont salué une avancée « historique » pour la protection du public, tout en appelant à une application stricte des nouvelles règles. De leur côté, les producteurs de spectacles devront adapter leurs dispositifs logistiques, ce qui pourrait entraîner une légère hausse des coûts d’organisation, répercutée ou non sur le prix des places. Le gouvernement n’a pas précisé le calendrier de mise en application des décrets, mais les textes sont entrés en vigueur dès leur publication au Journal officiel.

Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de réflexion sur la sécurité des grands rassemblements populaires, alors que les épisodes de chaleur extrême se multiplient sous l’effet du changement climatique. Le Brésil, qui accueillera de nombreux événements internationaux dans les prochaines années, fait figure de pionnier en Amérique latine sur cette question de l’accès à l’eau dans les lieux de spectacle.

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