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Un pavillon modulaire en branches réinvente la biodiversité dans les collines de Romagne

L'agence m²ft architects transforme un ancien court de tennis abandonné en un refuge pour la faune et les humains, où le bois mort devient architecture vivante.

Sur les collines de Romagne, en Italie, un ancien court de tennis abandonné depuis des décennies est en train de devenir un lieu inattendu d'expérimentation architecturale et écologique. L'agence m²ft architects y a conçu HUT-SPOT, un pavillon modulaire qui empile des branchages et des résidus d'élagage pour créer un abri partagé entre l'homme et les autres espèces vivantes. Le projet se situe précisément à la lisière d'un boisement dense, là où la végétation reprend progressivement possession d'une clairière asphaltée.

Le pavillon repose sur un cadre en bois géométrique, un parallélépipède régulier dont les vides sont comblés par des branches issues de la forêt voisine. Cette structure en grille, surmontée de panneaux de toiture transparents, forme une sorte de ziggourat végétale. Le contraste est assumé entre la rigueur du module humain et l'irrégularité des branchages, entre des matériaux artificiels — béton, fibre de verre, sangles de nylon — et la matière organique. Les branches ne sont pas seulement un matériau de récupération : elles constituent des fragments de paysage repositionnés dans le cycle forestier, une mémoire tangible de la végétation locale.

HUT-SPOT tire son nom d'une double référence : le « hotspot », lieu de forte biodiversité et nœud de connectivité écologique, et la « hut », cabane ou abri élémentaire. Le pavillon incarne cette rencontre en offrant un refuge non seulement aux humains mais à toutes les formes de vie en quête de protection. Dans un contexte de fragmentation des habitats, il ne prétend pas résoudre le problème, mais soutient à petite échelle les microhabitats qui maintiennent la structure et son environnement en vie. Les résidus ligneux nourrissent un écosystème en évolution constante : champignons et bactéries décomposent la matière, favorisant les insectes saproxyliques et les abeilles solitaires, qui attirent à leur tour oiseaux, petits mammifères et amphibiens vers la base poreuse du pavillon.

Un siège central complète cet agencement, invitant les humains à partager avec d'autres espèces les mêmes besoins d'abri, de connexion et de transformation. Le pavillon ne se dresse pas au cœur du boisement, mais au centre du court de tennis désaffecté, comme une métaphore de la tension entre la volonté de contrôler la nature et le choix de lui laisser de l'espace. L'aire de repos devient un lieu de pause et d'écoute, d'où l'on peut observer un écosystème en mouvement : le bois change, les branchages se tassent, les micro-organismes prolifèrent, les insectes et les oiseaux occupent les creux. Le pavillon perdure précisément parce qu'il accepte le changement.

À l'intersection de l'architecture et du paysage, de l'abri et du processus, de la construction et de la succession naturelle, HUT-SPOT se présente à la fois comme un refuge contre les intempéries et un espace d'hospitalité pour le vivant. Ses concepteurs imaginent qu'un tel dispositif pourrait être reproduit en contexte urbain, où il servirait de hotspot de biodiversité à petite échelle. Le projet, présenté par l'agence comme une contribution à la réflexion sur la place du vivant dans nos environnements bâtis, interroge nos manières d'habiter et de cohabiter. Il rappelle que l'architecture peut non seulement protéger, mais aussi accueillir l'altérité et composer avec les cycles naturels plutôt que de les figer.

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