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« Babak », drame sur un demandeur d'asile afghan, rejoint le marché de projets du festival de Busan

Le nouveau projet de la réalisatrice Payal Sethi, « Babak », qui suit un demandeur d'asile afghan évincé de son logement en Allemagne au profit de réfugiés ukrainiens, fait partie de l'Asian Project Market du Busan International Film Festival.

Le projet de film « Babak », porté par la réalisatrice Payal Sethi, a été sélectionné pour l'Asian Project Market, le marché de coproduction qui se tient dans le cadre du Busan International Film Festival. Ce drame raconte l'histoire d'un demandeur d'asile afghan prénommé Babak, contraint de quitter son logement temporaire en Allemagne pour laisser la place à des réfugiés ukrainiens.

Le synopsis du film met en lumière une situation de concurrence entre populations déplacées, un sujet rarement traité au cinéma. Babak, le personnage principal, se retrouve ainsi délogé non pas par une décision administrative abstraite, mais par l'arrivée de nouveaux arrivants fuyant un autre conflit. Le projet explore les tensions et les solidarités qui naissent dans les centres d'accueil et les logements d'urgence, où les places sont limitées et les priorités changeantes.

Payal Sethi n'en est pas à son premier long-métrage. Elle prépare actuellement « Kurinji », un autre projet qui devrait confirmer son intérêt pour les récits ancrés dans des réalités sociales complexes. Avec « Babak », elle poursuit une démarche qui consiste à donner une visibilité à des trajectoires individuelles prises dans des bouleversements géopolitiques plus vastes. Le choix de l'Allemagne comme décor n'est pas anodin : le pays a accueilli un grand nombre de réfugiés syriens, afghans et ukrainiens ces dernières années, et la question de la répartition des ressources entre ces groupes y fait régulièrement débat.

L'Asian Project Market est une plateforme reconnue pour les cinéastes émergents et confirmés d'Asie et d'ailleurs. Elle permet aux réalisateurs de présenter leurs projets en développement à des producteurs, des distributeurs et des financiers internationaux. Y participer constitue souvent une étape décisive pour boucler un budget ou trouver des partenaires de coproduction. La présence de « Babak » dans cette sélection témoigne de l'intérêt du marché pour des histoires qui dépassent les frontières nationales et abordent des questions contemporaines comme la migration forcée.

Le Busan International Film Festival, qui se déroule chaque année en Corée du Sud, est l'un des rendez-vous majeurs du calendrier cinématographique asiatique. En marge des projections, son volet industriel — dont fait partie l'Asian Project Market — attire des professionnels du monde entier. Des masterclasses et des tables rondes y sont organisées, notamment par des plateformes de streaming, pour discuter des évolutions du secteur. Le festival joue ainsi un double rôle : vitrine pour les films achevés et incubateur pour les projets en cours de développement.

Pour « Babak », l'enjeu est de transformer un sujet délicat en un récit universel. La réalisatrice devra éviter le piège du misérabilisme tout en rendant compte de la brutalité des situations vécues par les demandeurs d'asile. Le film s'inscrit dans une tendance récente du cinéma international, où les questions migratoires sont abordées à travers des histoires intimes plutôt que par de grands discours politiques. La sélection à Busan devrait permettre au projet de gagner en visibilité auprès des financeurs et, à terme, de trouver son public.

Reste à savoir quand le tournage débutera et comment le casting sera composé. Pour l'instant, le projet en est au stade du développement, et sa présence sur le marché de Busan constitue une première étape vers une éventuelle production. Si « Babak » voit le jour, il rejoindra une filmographie croissante de longs-métrages consacrés aux exils contemporains, entre l'Afghanistan, l'Ukraine et l'Europe de l'accueil.

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