Chloe Slater, 23 ans, publie son premier album « Riot Youth » le 9 octobre 2026 sur le label Stolen Juice (AWAL). La chanteuse britannique, ancienne cover star de NME, y explore les frustrations d'une génération confrontée au dérèglement climatique, à l'exploitation capitaliste et à l'instabilité politique mondiale. Loin de céder au fatalisme, elle transforme ces angoisses en un espace communautaire et cathartique, où la colère coexiste avec une énergie positive et un plaisir communicatif.
Depuis son single « 24 Hours » en 2024, dont le succès viral lui a ouvert les portes d'un public plus large, Slater s'est donné pour mission de donner une voix à ceux qui partagent ses préoccupations. Sur « Riot Youth », elle ne se place pas en donneuse de leçons. « Je ne suis pas là pour prêcher / Je sais que ça ressemble à ça », chante-t-elle sur « Get Me Out ». Ce positionnement, qui la met au même niveau que ses auditeurs, distingue l'album d'une simple charge politique. Il s'agit plutôt d'une main tendue à tous ceux qui se sentent dépassés par l'état du monde.
Le disque aborde des thèmes variés avec un humour acide et une lucidité désarmante. « Can I Finish Please » met en scène ces conversations politiques tendues avec des proches aux opinions opposées. « Mother Nature's Killing Spree » dresse un tableau dystopique d'une planète qui finit par se retourner violemment contre l'humanité. Quant à « Ugly », il dénonce avec ironie le cycle des fêtes commerciales et la récupération capitaliste des célébrations, comme le montre ce vers mordant : « Joyeux Pride, joyeux Pâques, Halloween, Saint-Valentin […] je vais acheter mon masque de clown en plastique ».
Malgré la gravité des sujets, « Riot Youth » ne sombre jamais dans le misérabilisme. Slater possède un talent indéniable pour les refrains fédérateurs et lumineux. Le morceau « Southern Youth », avec son élan scintillant, s'installe durablement en tête. En mettant des mots sur des anxiétés largement partagées, l'artiste rappelle à ses pairs qu'ils ne sont pas seuls. Cette capacité à transformer l'inquiétude en énergie collective constitue la colonne vertébrale de l'album.
Sur des titres plus personnels comme « I've Never Felt So Hated », Slater se tourne vers son propre vécu, notamment son expérience des trolls sur internet depuis que sa notoriété grandit. Ce sujet, propre à sa situation, est traité de manière suffisamment universelle pour résonner auprès de quiconque évolue dans un environnement en ligne devenu toxique. L'album démontre ainsi que l'écriture acérée de Slater peut embrasser aussi bien de vastes analyses sociétales que des expériences hyper-personnelles, sans jamais perdre de vue l'essentiel : créer du lien.
Avec « Riot Youth », Chloe Slater signe un premier album qui refuse de choisir entre lucidité et espoir. Elle y dépeint une génération à vif, consciente des menaces qui pèsent sur elle, mais décidée à ne pas se laisser submerger. Le disque, à la fois politique et intime, collectif et personnel, s'impose comme une œuvre de ralliement pour tous ceux qui cherchent à tenir debout dans un monde instable.