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La BCE se dirige vers une hausse malgré une inflation française plus basse

L’inflation de la zone euro atteint 3,3 %, contre 2,7 % en France. Les marchés anticipent une hausse de 25 points de base le 10 septembre, mais la suite dépendra surtout de l’énergie.

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Ank Kumar / Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0 · rights

La Banque centrale européenne arrive à sa réunion du 10 septembre avec une hausse de taux presque entièrement intégrée par les marchés. Le scénario dominant est un relèvement de 25 points de base du taux de dépôt, de 2,25 % à 2,50 %. La décision sera annoncée à 14 h 15 après la réunion du Conseil des gouverneurs à Berlin.

La pression vient d’abord de l’inflation. Dans la zone euro, elle est remontée à 3,3 % en août, contre 2,9 % en juillet. L’énergie a bondi de 14,3 % sur un an, alors que les services ont progressé de 3,0 %. La France se distingue avec une inflation harmonisée plus faible, estimée à 2,7 %.

Cette dispersion est l’un des défis permanents de la politique monétaire commune. La BCE fixe un taux pour toute la zone euro, alors que les pays n’ont ni le même niveau d’inflation ni la même sensibilité au crédit. Une hausse peut donc paraître plus urgente dans les économies où les prix progressent très vite et plus contraignante dans celles où l’inflation est déjà plus proche de la cible.

La BCE avait relevé ses taux en juin puis marqué une pause en juillet. Le taux de dépôt est resté à 2,25 %, le taux des opérations principales de refinancement à 2,40 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,65 %. Le compte rendu de juillet montre que tous les membres avaient soutenu la pause, en attendant davantage d’informations sur la durée du choc énergétique.

Le problème est que le choc actuel vient largement de l’offre. Des taux plus élevés ne font pas baisser directement le prix du pétrole ou du gaz. Leur fonction est d’empêcher cette hausse initiale de se transformer en inflation persistante, par les marges des entreprises, les salaires et les anticipations.

Jusqu’ici, les anticipations d’inflation à long terme restaient autour de 2 %, selon le compte rendu de la BCE. C’est un élément rassurant. Mais plus le choc énergétique dure, plus le risque augmente de voir les coûts se diffuser à l’ensemble de l’économie.

La croissance limite aussi la marge de manœuvre. En juin, l’Eurosystème ne prévoyait que 0,8 % de croissance dans la zone euro en 2026. L’inflation moyenne était attendue à 3,0 % cette année, 2,3 % en 2027 et 2,0 % en 2028. Les nouvelles projections publiées le 10 septembre montreront si la trajectoire s’est encore dégradée.

Pour les ménages français, la question se transmet surtout par le crédit. La BCE signalait déjà en juillet une baisse de la demande de prêts immobiliers et un durcissement des critères bancaires au deuxième trimestre. Une nouvelle hausse entretient la pression sur les nouveaux emprunts et les refinancements, même si l’effet varie selon le type de prêt et sa durée.

Le marché considère le passage à 2,50 % comme l’issue la plus probable. En revanche, la suite reste ouverte. L’enquête de la BCE auprès des prévisionnistes professionnels plaçait le taux de dépôt le plus souvent à 2,50 % fin 2026 et début 2027, avant une baisse progressive vers 2 % à moyen terme.

La réunion de Berlin devra donc dire si l’Europe fait face à un choc énergétique encore temporaire ou à une inflation plus durable. Pour la France, où la hausse des prix reste inférieure à la moyenne de la zone euro, cette distinction est essentielle : elle déterminera si le relèvement de septembre est un ajustement ponctuel ou le début d’une période plus longue de crédit cher.

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