Un centre d'accueil de centrale solaire peut-il devenir un objet architectural à part entière ? Le concept Solar Electric Visitors Pavilion, signé du designer Michael Jantzen, répond par l'affirmative. Cette proposition non construite, destinée à une centrale solaire thermique du désert du sud de la Californie, enveloppe un espace d'exposition dans de larges structures jaunes inspirées de la lumière du soleil réfléchie. L'ensemble combine ombre, lieu de rassemblement extérieur et point de vue surélevé sur les installations.
La forme du pavillon découle directement du principe de fonctionnement de la centrale, qui n'utilise pas les rangées familières de panneaux photovoltaïques. Des centaines de miroirs orientent la lumière du soleil vers une tour de réception ; la chaleur ainsi concentrée produit de la vapeur et génère de l'électricité. Le pavillon traduit ces trajectoires convergentes en bandes jaunes, transformant un schéma énergétique abstrait en un espace que l'on peut réellement parcourir.
Ces bandes s'élèvent depuis le pourtour vers un point haut commun, leurs extrémités inférieures se recourbant comme des rubans surdimensionnés. Elles ne se contentent pas de jouer un rôle décoratif : la structure jaune soutient la plateforme d'observation tout en projetant de l'ombre sur le centre fermé et ses abords. Des interstices entre les bandes maintiennent cette couche extérieure ouverte, plutôt que de la transformer en une pièce close supplémentaire.
En dessous se niche un bâtiment d'exposition bas et arrondi, où les visiteurs peuvent découvrir la centrale avant de monter à l'étage. De grandes fenêtres donnent sur les installations, reliant les présentoirs aux machines extérieures. Une verrière centrale ombragée apporte la lumière du jour par le haut, fenêtres et verrière étant pensées pour assurer une ventilation naturelle. L'espace autour de cette enceinte remplit une autre fonction : il offre aux événements particuliers un lieu où s'étendre sous la charpente jaune. Un groupe scolaire en visite pourrait par exemple s'y rassembler avant d'entrer dans les salles, plutôt que de s'entasser à l'intérieur.
Un escalier extérieur conduit les visiteurs vers le haut, séparant l'ascension de la salle d'exposition. Au sommet, une plateforme en saillie permet d'observer la centrale depuis les hauteurs. Après avoir compris comment les miroirs concentrent la lumière, le visiteur peut ressortir et suivre leur agencement dans le paysage. Ce changement de point de vue donne à la visite une destination claire, au-delà des présentoirs.
La majeure partie de la structure est proposée en matériaux composites acier-béton, et non en la toile légère que suggère son contour en ruban. L'électricité proviendrait de la centrale associée, et non des bandes jaunes elles-mêmes. Cette distinction maintient le rôle de l'architecture : interpréter le système énergétique et accueillir ses visiteurs, tandis que l'équipement de production reste ailleurs sur le site.
Derrière la silhouette spectaculaire subsistent des questions pratiques, notamment celle de l'accès de tous à la plateforme surélevée. La proposition publiée mentionne un escalier mais n'explique pas de chemin accessible vers le niveau supérieur. Résoudre ce point compterait pour un centre d'accueil public, surtout bâti autour d'un point de vue partagé : la leçon sur l'énergie solaire ne devrait pas dépendre de la capacité physique à gravir les marches.