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Ce que pensent les créateurs au moment du salut final

Pour le printemps 2027, plusieurs créateurs new-yorkais racontent ce qui traverse leur esprit lorsqu'ils s'avancent sur le podium après le défilé : gratitude, émotion, anxiété et surtout un immense soulagement.

Le défilé vient de s'achever, la musique s'éteint et le créateur s'avance sur le podium pour saluer son public. Derrière cette image soigneusement mise en scène, que se passe-t-il réellement dans la tête de celui ou celle qui vient de présenter des mois de travail ? Pour la saison printemps 2027, plusieurs créateurs new-yorkais ont accepté de décrire cet instant suspendu, entre épuisement, émotion et soulagement.

Car si la Fashion Week de New York offre de belles images sur les réseaux sociaux, la réalité des coulisses est tout autre. Les journalistes courent d'un défilé à l'autre, les influenceurs multiplient les contenus vidéo, les attachés de presse gèrent les derniers changements de placement. Mais personne ne ressent la pression autant que les créateurs eux-mêmes, qui ont passé des mois à couper, coudre, broder et draper leurs collections jusqu'à la perfection. Le salut final marque donc la fin d'une tension accumulée, et le début d'un bref répit avant la prochaine saison.

Pour certains, cet instant est d'abord une question de logistique. Rachel Scott, de Proenza Schouler et Diotima, raconte avoir dû organiser la montée des marches avec le mannequin de clôture, qui l'a gentiment prise par la main. Elle confie aussi son trac : elle n'est pas mannequin, elle a choisi ce métier pour faire des vêtements, pas pour défiler. Voir des visages familiers dans le public, comme la rédactrice Samira Nasr, la rassure profondément.

D'autres créateurs décrivent une émotion à fleur de peau. Tory Burch évoque un travail mené jusqu'à la dernière minute, au point qu'une mannequin a failli s'élancer sans chaussures. Sa réaction : « Pieds nus, c'est le nouveau noir. On s'en fiche. » Pour elle, le sentiment dominant reste le soulagement, après un défilé particulièrement exigeant. Joseph Altuzarra résume lui aussi cette sensation d'apaisement, tandis que Nicola Brognano, de 7 For All Mankind, pense simplement : « J'ai fait du bon travail. »

L'anxiété n'est pas absente pour autant. Wes Gordon, de Carolina Herrera, avoue une forte nervosité et un grand respect pour les mannequins qui maîtrisent cet exercice. Sur le podium, il se répète de garder les épaules droites, d'éviter une expression ridicule, tout en cherchant ses parents, Mme Herrera et son mari dans l'assistance. Patricia Bonaldi, de PatBo, parle plutôt d'une montée d'adrénaline : elle peut à peine dire bonjour, mais ce moment la nourrit et la conforte dans son choix de continuer.

Pour Stephanie Suberville, de Heirlome, l'exercice était carrément effrayant. Elle aurait préféré se contenter d'un salut rapide, mais voulait partager ce moment avec Maricarmen Jimenez, dont la main serrée très fort et le calme d'artiste l'ont aidée à traverser l'épreuve. Veejay Floresca, lui, pense déjà à la suite : « Quand est-ce le prochain ? » Keith Herron, d'Advisry, a changé d'attitude avec le temps. Là où il courait autrefois pour abréger ce moment stressant, il essaie désormais de ralentir, de ressentir l'énergie de la salle et d'être enfin présent, après des mois de préparation.

Certains créateurs sont submergés par l'émotion brute. Ella Mae Jepsen, de la marque Ella Mae, admet ne pas savoir à quoi elle pensait, sinon à un grand cri intérieur. Prabal Gurung, lui, pense à sa mère, qui vit au Népal et assiste rarement à ses défilés. Il dit sa gratitude envers celle qui l'a laissé vivre ses rêves depuis l'enfance, et envers son équipe, sans laquelle rien ne serait possible : « tout un village » réalise ce travail. Il espère ensuite un long repos.

Rachel Antonoff, accompagnée de Susan Korn, de Susan Alexandra, résume l'affaire avec une franchise crue : « Dieu merci. » Elle rappelle qu'avec des humains, on ne peut jamais tout anticiper, mais qu'avec des animaux, on sait seulement qu'on ne sait rien. Le défilé s'est bien passé, et c'est l'essentiel. Susan Korn ajoute que leurs deux chiens, présents en coulisses, ont inspiré cette célébration de l'amour des chiens sauvés. Derrière chaque salut, il y a donc des équipes, des familles, des animaux et beaucoup de nerfs — mais surtout, à chaque fois, un immense soulagement.

Same event, other desks

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