Au cœur de la forêt de Chocó, en Équateur, l'agence Minqa Atelier a conçu un refuge résidentiel de 53 mètres carrés qui épouse la pente raide du site plutôt que de la niveler. Situé à Pedro Vicente Maldonado, ce projet nommé Chocó Pambil Refuge se déploie en une séquence de plateformes en bois surélevées, laissant le terrain naturel visible sous le plancher. Les fortes pluies et l'accès difficile ont dicté une construction légère, pensée pour s'adapter à la topographie sans l'altérer.
Le plan intérieur utilise les variations de niveau comme principe d'organisation. Les espaces de sommeil et les espaces partagés occupent des plateformes distinctes, tout en restant visuellement reliés sous un même toit. Cette conception en gradins permet à chaque zone de s'ouvrir sur la forêt à une hauteur différente : un lit se trouve presque au niveau des troncs d'arbres, tandis que les pièces de vie inférieures offrent une vue plongeante à travers de grandes baies vitrées. Les changements de niveau rythment ainsi la perception du paysage, qui semble parfois sous le regard, parfois à hauteur d'œil.
Pour ancrer le refuge dans la pente, les architectes ont utilisé des gabions remplis de pierres de rivière, réduisant ainsi l'excavation nécessaire sur ce terrain accidenté. Au-dessus, une structure apparente en teck local organise les pièces et la toiture. Le choix de ce bois, résistant et disponible sur place, répond aussi aux contraintes d'acheminement : les éléments ont été conçus comme des pièces coordonnées, transportables et assemblables sur site. Ce système constructif se lit dans l'architecture, avec des assemblages boulonnés visibles et des puits de lumière rectangulaires insérés entre les poutres.
Sur les surfaces extérieures les plus exposées, le bois brûlé protège le bâtiment de l'humidité constante du climat de Chocó. Cette peau sombre contraste avec la structure en teck, qui reste apparente le long des façades vitrées et à l'intérieur. Les ouvertures généreuses offrent des vues latérales à travers le refuge, tandis que les puits de lumière apportent de la clarté dans les parties les plus profondes du plan. La ventilation naturelle traverse l'espace ouvert, et la végétation environnante semble former un mur végétal derrière les vitres.
Malgré sa surface réduite, le refuge tire sa richesse spatiale de sa section en gradins et de ses rares cloisons. Le terrain d'origine demeure lisible sous les plateformes, donnant l'impression que la construction a été posée sur la pente plutôt qu'imposée à elle. Ce projet, achevé en 2026, a été mené par les architectes Michael Benitez et Adriana Armendariz, avec une équipe composée de Juan Frelo, Mateo Porras et Eduardo Ramos. Les photographies du projet sont signées Michael Benitez.