À Laâyoune, une collection privée rassemble des milliers d'objets témoignant de l'histoire ancienne de la région. Le Musée Industrie Lithique, ouvert autour de 2023, présente dans ses vitrines des dizaines de pièces allant de fossiles à des outils préhistoriques, patiemment collectés par M. Taki, l'homme qui fait vivre ce lieu singulier.
Avant l'ouverture officielle du musée, la collection était conservée au domicile de M. Taki. Les premières années, elle a attiré des visiteurs inattendus, dont l'acteur américain Tom Hanks. Ce dernier a tenté d'acheter une grande rose des sables, une pièce emblématique. M. Taki a refusé l'offre, et l'objet demeure aujourd'hui exposé dans le musée. Une photographie de cette visite est également visible dans la petite boutique que M. Taki tient à l'aéroport de Laâyoune, où il propose des souvenirs et une modeste vitrine.
Le musée ne se limite pas à des vitrines. Les salles sont remplies d'artefacts plus volumineux, débordant des présentoirs. Chaque objet raconte une histoire, qu'il ait été collecté sur place ou envoyé à M. Taki par des correspondants. Cette accumulation donne au lieu une atmosphère dense, presque labyrinthique, où se côtoient des vestiges de plusieurs milliers d'années.
M. Taki n'est pas seulement un collectionneur. Il est aussi une source reconnue sur l'histoire de Sanmao, écrivaine taïwanaise qui a vécu de nombreuses années à Laâyoune. Son expertise sur cette figure littéraire et son engagement pour la préservation du patrimoine lui ont valu une renommée internationale. Des distinctions décernées par les Nations unies et d'autres organisations occupent désormais une petite section du musée, témoignant de la portée de son travail au-delà des frontières marocaines.
Pour visiter le Musée Industrie Lithique, il faut contacter M. Taki via WhatsApp afin de convenir d'un rendez-vous. Cette organisation informelle, à l'image du fondateur, ajoute au charme du lieu. Le musée, modeste par sa taille, incarne une mémoire locale précieuse, à la croisée de la paléontologie, de l'archéologie et de la culture.
La collection, qui a débuté comme un passe-temps personnel, est devenue un point de repère pour les amateurs d'histoire naturelle et les curieux de passage à Laâyoune. Elle illustre comment une initiative individuelle peut préserver et transmettre un héritage scientifique et culturel, tout en attirant l'attention internationale. Le refus de vendre la rose des sables à Tom Hanks symbolise l'attachement de M. Taki à l'intégrité de sa collection, qu'il considère comme un bien commun à partager plutôt qu'une marchandise.
Ainsi, le Musée Industrie Lithique reste un lieu hors norme, où la passion d'un homme pour les pierres et les récits anciens continue d'éclairer l'histoire de Laâyoune et de ses environs.