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Le procès Aramburu ramène une nuit de violence au cœur de Paris

La cour d’assises doit départager la thèse d’une réaction immédiate et celle d’une poursuite préméditée après la bagarre du Mabillon.

Parijse jury buigt zich over dood van Federico Aramburu

Photo : Fernando Losada Rodríguez / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0 · CC BY-SA 4.0 · rights

Cet article a été produit avec l’aide de l’IA sous la responsabilité éditoriale de Haydamax OÜ.

Dans la salle Voltaire du Palais de justice de Paris, l’audience ouverte ce lundi 7 septembre doit remettre de l’ordre judiciaire dans une nuit de violence qui a bouleversé une famille et le monde du rugby. Federico Martín Aramburu avait 42 ans lorsqu’il a été tué par balles au petit matin du 19 mars 2022, boulevard Saint-Germain.

L’ancien international argentin était venu à Paris avec son ami et ancien rugbyman Shaun Hegarty pour assister au match France-Angleterre du Tournoi des Six Nations. Une halte au café Mabillon a tourné à l’affrontement avec Loïk Le Priol et Romain Bouvier, assis à une table voisine. Les agents de sécurité ont fini par séparer les hommes. À cet instant, la soirée aurait pu s’arrêter là.

C’est précisément ce qui rend les minutes suivantes décisives pour le procès. Après la séparation, Aramburu et Hegarty se sont éloignés. Les images de vidéosurveillance et les éléments recueillis par les enquêteurs décrivent ensuite le retour des deux autres hommes dans leur direction. Bouvier aurait tiré le premier. Quarante-cinq secondes plus tard environ, Le Priol aurait à son tour fait feu à six reprises. Aramburu a reçu six balles et est mort sur place.

Le Priol, 32 ans, est jugé pour assassinat, c’est-à-dire un meurtre avec préméditation. Bouvier, 35 ans, comparaît pour tentative d’assassinat. Deux autres personnes sont dans le dossier : Lyson Rochemir, 29 ans, alors compagne de Le Priol et conductrice du véhicule utilisé durant la séquence, est elle aussi jugée pour tentative d’assassinat ; Antony Sorrentino, 37 ans, est accusé d’avoir aidé Bouvier à fuir après les faits.

La distinction entre une nouvelle confrontation née dans l’instant et une véritable recherche des deux rugbymen est au centre des débats. Le Priol et Bouvier admettent avoir tiré mais contestent l’intention de tuer et la préméditation. Le Priol a également invoqué la légitime défense au cours de l’instruction et un trouble de stress post-traumatique lié à son passé militaire. Les jurés devront confronter ces versions aux images, aux trajectoires, aux témoignages et à la chronologie.

Le procès oblige ainsi à regarder une scène urbaine ordinaire — une terrasse, une altercation, des hommes séparés par le personnel d’un café — puis le basculement qui suit. La qualification d’assassinat dépend de cette transition. La cour devra déterminer s’il y a eu le temps et la volonté de décider un nouvel acte violent après la fin de la première bagarre, et attribuer séparément les actes à chacun des accusés.

Le contexte politique ne peut être ignoré, sans pour autant se substituer à la preuve judiciaire. Le Priol et Bouvier ont appartenu à la mouvance du GUD, organisation d’ultradroite. Le Priol est également un ancien commando marine. Leur passé et leurs réseaux font partie de l’histoire du dossier, mais la cour devra dire ce qu’ils permettent, ou non, d’établir sur l’intention au moment des tirs.

Pour les proches d’Aramburu, le procès remet aussi un homme derrière une affaire devenue symbole. Il était marié et père de trois enfants. Le joueur avait porté 22 fois le maillot argentin et avait construit une grande partie de sa carrière en France, notamment à Biarritz et Perpignan. À la veille des débats, les Pumas ont porté des T-shirts noirs marqués « Justicia por Fede », rappelant combien son nom reste vivant dans le rugby.

Le procès est prévu jusqu’au 25 septembre. Dans le décor historique de la cour d’assises parisienne, la justice devra revenir sur chaque rupture de cette nuit : la dispute, la bagarre, la séparation, le retour et les tirs. C’est dans cet enchaînement, et non dans l’image publique des protagonistes, que se joue désormais la qualification la plus lourde du dossier.

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