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À Paris, le procès Aramburu s’ouvre devant la cour d’assises

Loïk Le Priol est jugé pour assassinat et Romain Bouvier pour tentative d’assassinat, plus de quatre ans après la mort de l’ancien international argentin.

Federico Aramburu murder trial opens in Paris

Photo : Tiraden / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0 · CC BY-SA 4.0 · rights

Cet article a été produit avec l’aide de l’IA sous la responsabilité éditoriale de Haydamax OÜ.

Le procès sur la mort de Federico Martín Aramburu s’est ouvert lundi 7 septembre devant la cour d’assises de Paris. Plus de quatre ans après les tirs qui ont tué l’ancien international argentin de rugby sur le boulevard Saint-Germain, la justice doit désormais déterminer les responsabilités pénales de quatre personnes et, surtout, trancher la question centrale de la préméditation.

Loïk Le Priol, 32 ans, est jugé pour assassinat. En droit pénal français, cette qualification suppose un meurtre commis avec préméditation. Romain Bouvier, 35 ans, comparaît pour tentative d’assassinat. Lyson Rochemir, 29 ans, est elle aussi renvoyée pour tentative d’assassinat et était la conductrice de la voiture apparue dans la seconde partie des faits. Antony Sorrentino, 37 ans, doit répondre d’avoir aidé Bouvier à échapper aux recherches après la fusillade.

Les faits remontent au 19 mars 2022. Federico Martín Aramburu, 42 ans, passait la fin de nuit à Paris avec Shaun Hegarty, ancien rugbyman, ami et associé en affaires. Une altercation éclate au café Mabillon avec Le Priol et Bouvier. Le personnel de sécurité sépare les protagonistes et les deux anciens joueurs s’éloignent. La suite, reconstituée notamment grâce aux caméras de vidéosurveillance, est au cœur du dossier.

Selon l’enquête, Bouvier rejoint Aramburu et ouvre le feu. Environ quarante-cinq secondes plus tard, Le Priol arrive à son tour et tire six fois. Aramburu est atteint par six balles provenant de deux armes et meurt sur place. Ce déroulement nourrit l’accusation de préméditation : il faudra établir si les accusés ont décidé de retrouver les deux rugbymen après la première bagarre et dans quel but.

Le Priol et Bouvier reconnaissent avoir tiré mais contestent l’intention homicide et la préméditation. Le Priol a notamment soutenu pendant l’instruction avoir réagi dans une logique de défense et a invoqué un trouble de stress post-traumatique lié à son passé militaire. Les débats devront confronter ces explications à la chronologie, aux images, aux expertises et aux témoignages.

La précision est importante, car le procès ne porte pas seulement sur l’identité des tireurs. La cour devra individualiser la responsabilité de chacun des quatre accusés et examiner ce qui s’est produit entre la fin de la rixe et les coups de feu. Le véhicule, les déplacements des protagonistes et le délai entre les deux séries de tirs sont donc appelés à occuper une place centrale dans les audiences.

Le parcours des deux principaux accusés donne aussi une dimension politique au procès sans remplacer la question pénale. Le Priol et Bouvier ont évolué dans la mouvance du GUD, organisation étudiante d’ultradroite, et Le Priol est un ancien commando marine. Le dossier doit cependant juger des faits précis : les convictions et fréquentations des accusés ne suffisent pas en elles-mêmes à établir l’intention criminelle, mais peuvent éclairer certains éléments de contexte lorsque la cour les estime pertinents.

Aramburu avait porté 22 fois le maillot de l’Argentine et joué notamment à Biarritz et Perpignan. Il était marié et père de trois enfants. Sa mort avait profondément marqué le rugby français et argentin. Avant l’ouverture du procès, les Pumas ont ravivé cette mémoire en portant à l’échauffement des T-shirts noirs « Justicia por Fede » avant leur match contre l’Australie.

Les audiences se tiennent dans la salle Voltaire du Palais de justice, sur l’île de la Cité. Le calendrier judiciaire prévoit trois semaines de débats, jusqu’au 25 septembre, date à laquelle le verdict est attendu. D’ici là, la cour devra revenir sur la rupture décisive de cette nuit : le moment où une bagarre déjà interrompue a été suivie d’une nouvelle rencontre armée dans les rues de Paris.

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