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Pourquoi l’asile se concentre dans quelques pays européens

Les chiffres de 2025 montrent une forte concentration en Allemagne, en France, en Espagne et en Italie, mais ils contredisent l’idée d’une Suisse ou d’un Nord européen absents de l’asile. Les nationalités, les routes et les réseaux comptent davantage qu’un simple axe nord-sud.

Чому Німеччина лишається центром притулку в Європі, а Швейцарія не є винятком

Saragechu, derivative work based on Blank_map_of_Europe.svg · CC BY-SA 4.0 · rights

Cet article a été produit avec l’aide de l’IA sous la responsabilité éditoriale de Haydamax OÜ.

La carte de l’asile européen semble, à première vue, se concentrer autour de la Méditerranée, de la France et de l’Allemagne. Mais cette image devient trompeuse dès que l’on compare les pays par habitant et que l’on regarde l’origine des demandeurs. La Suisse n’est pas à l’écart du phénomène et les pays nordiques ne sont pas fermés à toute demande. Ils connaissent surtout des volumes et des trajectoires différents.

En 2025, les pays de l’UE+ ont enregistré environ 822 000 demandes de protection internationale. L’Allemagne en a reçu 163 000, la France 152 000, l’Espagne 143 000 et l’Italie 134 000. Avec la Grèce, ces cinq pays ont concentré 80% du total. Cette concentration est réelle. Elle ne signifie pourtant pas que les mêmes populations suivent partout le même chemin.

La France en offre un bon exemple. Les guichets uniques ont enregistré 116 944 premières demandes d’asile en 2025, auxquelles se sont ajoutés 35 960 réexamens. Parmi les premières demandes, les principales nationalités étaient ukrainienne, congolaise de RDC, afghane, haïtienne et soudanaise. Les ressortissants turcs arrivaient plus loin dans le classement. La demande française n’est donc pas un bloc «moyen-oriental» : elle combine des crises européennes, africaines, asiatiques et caribéennes.

L’Allemagne présente un profil différent. Les Afghans, les Syriens et les Turcs y ont été particulièrement concentrés en 2025. Le pays dispose déjà de communautés très importantes : au début de 2026, environ 936 000 ressortissants syriens, 450 000 afghans et 254 000 irakiens y vivaient. Pour une personne qui cherche à reconstruire sa vie, l’existence d’un proche, d’un réseau linguistique ou d’une communauté capable d’aider à se loger et à trouver un travail peut peser lourd. L’Agence de l’Union européenne pour l’asile souligne que ces facteurs pratiques et sociaux influencent davantage les destinations que la comparaison théorique des taux de reconnaissance.

Au Sud, la géographie joue un autre rôle. L’Italie et la Grèce sont des portes d’entrée de l’espace européen. En 2025, la route de la Méditerranée centrale est restée la plus active malgré la baisse générale des franchissements irréguliers. Environ 66 300 personnes ont débarqué dans le sud de l’Italie. Mais un débarquement n’est pas nécessairement une installation durable : certains demandeurs ont de la famille ou des réseaux ailleurs, tandis que les règles européennes cherchent précisément à limiter les déplacements secondaires après l’enregistrement.

L’Espagne montre également pourquoi il faut éviter les raccourcis. Son volume d’asile est élevé, mais les Vénézuéliens et les Maliens y sont fortement concentrés. En Italie, les groupes les plus localisés comprennent notamment des Bangladais et des Égyptiens. Les routes de Méditerranée ne produisent donc pas une population uniforme, encore moins un seul mouvement de réfugiés venus du Moyen-Orient.

La Suisse constitue le contre-exemple le plus frappant à l’idée d’un pays qui ne recevrait pratiquement pas de demandeurs. Elle a enregistré 25 781 demandes en 2025. Ce total est très inférieur à celui de la France ou de l’Allemagne, mais il représente environ 2,8 demandes pour mille habitants, au-dessus de la moyenne européenne de 1,8. L’EUAA la place même, avec l’Espagne et la Belgique, autour de 2 900 demandes par million d’habitants. Les Afghans et les Turcs y figuraient parmi les groupes importants, avec également des Syriens et des Irakiens.

Ce qui distingue la Suisse est davantage sa fonction dans les itinéraires. Le Secrétariat d’État aux migrations estime qu’elle est moins souvent une destination finale que l’Allemagne, la France ou le Royaume-Uni et plus souvent un pays de transit. Elle participe néanmoins pleinement au système de Dublin. Depuis son association, elle a d’ailleurs transféré vers d’autres États Dublin environ 3,3 fois plus de personnes qu’elle n’en a reçues par transfert.

Au Nord, le contraste est plus marqué. La Suède n’a reçu qu’environ 6 700 demandes en 2025, son niveau le plus bas du XXIe siècle, et la Finlande 2 549. Pourtant, parmi les principaux demandeurs en Suède figuraient des Afghans, des Syriens, des Iraniens et des Irakiens; en Finlande, les Afghans et les Irakiens faisaient aussi partie des principaux groupes. Il s’agit donc d’une baisse de volume, pas d’une absence.

Depuis le 12 juin 2026, le nouveau Pacte européen sur la migration et l’asile renforce la responsabilité du pays de première entrée et accélère les procédures en cas de mouvement secondaire non autorisé, tout en préservant des critères comme l’unité familiale ou les titres de séjour. Cette réforme pourrait réduire certains déplacements vers le nord, mais elle ne supprimera pas le rôle des réseaux familiaux, des diasporas et du marché du travail. La carte continuera de bouger avec les crises d’origine : les demandes syriennes ont par exemple chuté d’environ 72% en 2025 après la chute du régime de Bachar al-Assad. L’Europe de l’asile reste moins une ligne nord-sud qu’un ensemble de routes et de liens qui se recomposent.

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