La NASA se rapproche de la création du Mars Telecommunications Network, un réseau de relais de communication dédié en orbite martienne. Ce projet, discuté depuis le début des années 2000, vise à garantir aux missions présentes et futures un lien permanent et à haut débit avec la Terre, sans que chaque engin doive emporter son propre système de transmission.
Le constat est simple : depuis l'atterrissage de Viking 1 en 1976, une succession de robots a exploré la planète rouge, mais l'infrastructure de communication n'a jamais été conçue pour cet usage. Les rovers Perseverance et Curiosity embarquent ainsi leurs propres radios à gain élevé pour dialoguer directement avec la Terre. Or, chaque kilogramme consacré à ces équipements réduit d'autant la charge utile scientifique d'une mission interplanétaire.
Les orbiteurs actuels, regroupés au sein du Mars Relay Network, assurent bien une partie de la transmission, notamment pour les transferts d'images volumineux. Mais ces engins ont été conçus avant tout comme des véhicules scientifiques, et leur positionnement orbital comme leur électronique vieillissante limitent leur efficacité en tant que relais. Le réseau repose aujourd'hui sur Mars Odyssey, Mars Express, l'ExoMars Trace Gas Orbiter et la Mars Reconnaissance Orbiter. Le vaisseau MAVEN, qui en faisait partie, a cessé d'émettre en décembre 2025 et la NASA a officiellement clos sa mission cet été.
L'âge de ces appareils constitue le problème le plus criant. Mars Express, lancé par l'Agence spatiale européenne en 2003, a été placé sur une orbite très elliptique qui l'éloigne jusqu'à 10 000 kilomètres de la surface, ce qui ne permet que des fenêtres de communication étroites avec les rovers. Mars Odyssey, en orbite depuis 25 ans, et Mars Express, opérationnel depuis 23 ans, sont les deux plus anciens engins encore actifs autour d'une planète autre que la Terre. Même le plus récent du groupe, l'ExoMars Trace Gas Orbiter, a été lancé il y a plus de dix ans.
Un premier projet, le Mars Telecommunications Orbiter, devait être placé en orbite dès 2010. Son design prévoyait deux émetteurs en bande X, deux radios en bande Ka et un système expérimental de communication laser. Le concept a toutefois été annulé quelques années après son lancement, la NASA ayant réaffecté les fonds à d'autres missions, dont la dernière intervention sur Hubble et le développement du Mars Science Laboratory, qui livrera Curiosity en 2012.
Depuis, l'idée revient régulièrement dans les discussions budgétaires sans jamais obtenir le soutien nécessaire. La nature même de la mission, essentiellement infrastructurelle et dépourvue de longs objectifs scientifiques, complique sa défense face à des projets plus spectaculaires. Pourtant, avec le vieillissement accéléré du parc orbital et l'augmentation du nombre de missions martiennes, la question d'un relais dédié se pose avec une acuité nouvelle.
La mise en place d'un tel réseau changerait la donne pour l'exploration de Mars. Les futures missions n'auraient plus à intégrer leur propre système de communication lourd, libérant de la masse pour les instruments scientifiques. Les transferts de données, aujourd'hui tributaires d'orbites mal adaptées et d'équipements dépassés, gagneraient en régularité et en débit. Pour la NASA, l'enjeu dépasse la simple logistique : il conditionne la capacité à exploiter pleinement les découvertes des prochaines décennies.