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Un centre communautaire en terre et bambou remporte le concours Kaira Looro 2026

Les designers grecs Afroditi Ioannidou et Vladimir Gligorovski ont remporté le premier prix du concours Kaira Looro 2026 pour leur projet de centre communautaire au Sénégal rural, inspiré de l'architecture traditionnelle des maisons impluvium de Casamance.

Le concours d'architecture Kaira Looro 2026 a désigné ses lauréats. Le premier prix a été attribué aux designers grecs Afroditi Ioannidou et Vladimir Gligorovski pour leur proposition de centre communautaire destiné à une zone rurale du sud du Sénégal. Le projet, pensé pour être construit avec des matériaux locaux et des techniques de construction accessibles, a séduit le jury par son ancrage dans le patrimoine architectural de la région.

L'organisation du concours, assurée par l'association internationale Balouo Salo, invite chaque année de jeunes architectes, étudiants, ingénieurs et designers du monde entier à imaginer des structures pour des communautés d'Afrique subsaharienne. Cette édition, qui a rassemblé des participants de plus de 125 pays, portait sur la création d'un espace civique multifonctionnel capable de soutenir la vie éducative, culturelle et sociale d'une communauté rurale. Les contraintes étaient précises : recours aux matériaux locaux, techniques d'auto-construction et méthodes à faible impact environnemental.

Le point de départ des lauréats ne fut pas une esquisse sur papier, mais un type architectural vieux de plusieurs siècles, propre à la région de Casamance : la maison impluvium. Organisée autour d'une cour centrale ouverte où se collectent les eaux de pluie, où filtre la lumière et où se déroule la vie quotidienne, cette typologie a été agrandie par les deux designers pour servir un village entier. Le résultat est un centre communautaire qui semble né du lieu plutôt que posé sur lui.

La matérialité du projet a été tout aussi réfléchie. La structure principale repose sur la tapia, une technique de terre compactée utilisant le latérite rouge extrait directement sur le site. Ce matériau, profondément enraciné dans la construction ouest-africaine, est pratique, thermiquement efficace et peut être mis en œuvre localement sans machinerie lourde. Au-dessus, une charpente en bambou, légère et renouvelable, assure une ventilation naturelle et maintient l'intérieur frais dans un climat exigeant. L'ensemble raconte une histoire cohérente : ce bâtiment a été conçu pour être édifié par ceux qui l'utiliseront et pour vieillir harmonieusement dans le paysage qui l'accueille.

Le prix accordé aux lauréats reflète la portée humanitaire du concours. Ioannidou et Gligorovski ont reçu 6 000 euros ainsi qu'un stage au sein de l'agence Kengo Kuma & Associates à Tokyo, l'un des cabinets les plus inventifs de l'architecture contemporaine. Cette combinaison de reconnaissance et d'opportunité illustre la démarche de Kaira Looro, qui ne se contente pas de célébrer des idées mais cultive des carrières tout en plaçant l'impact humanitaire au centre.

Les projets primés lors des éditions précédentes ne sont pas restés lettre morte. La Children House, lauréate d'une édition antérieure, est actuellement en phase finale de construction en tant que centre médical spécialisé dans le traitement de la malnutrition infantile au Sénégal rural. Les conceptions sont destinées à devenir de véritables bâtiments pour de vraies personnes, ce qui élève considérablement l'enjeu pour tous les participants.

Ce qui rend la proposition d'Ioannidou et Gligorovski particulièrement aboutie ne tient pas seulement à son élégance sur le papier. C'est la philosophie qui sous-tend chaque décision : le bâtiment appartient d'abord au village, puis aux programmes spécifiques qu'il abrite. Une ligne de conduite qui invite l'architecture à écouter avant de parler, loin des projets qui impressionnent sur les rendus mais échouent à servir ceux à qui ils étaient destinés.

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