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ADHD ONE, un combiné rétro imprimé en 3D pour téléphoner sans écran

Le designer Kevin Noki propose un combiné Bluetooth inspiré des téléphones des années 1980, à imprimer soi-même, pour répondre aux appels de l'iPhone sans céder à la tentation de l'écran tactile.

Répondre à un appel sur son smartphone finit souvent par un détour par les messages, une application ouverte et la raison initiale de la conversation oubliée. Le projet ADHD ONE, imaginé par le designer Kevin Noki, propose une parade matérielle : un combiné Bluetooth imprimé en 3D qui reprend la silhouette des téléphones « briques » des années 1980, afin de prendre les appels de l'iPhone tout en laissant l'écran tactile rangé à proximité.

L'objet assume son volume. Le haut du boîtier accueille une grille de haut-parleur, le bas un micro proéminent, et un petit écran OLED s'intercale entre la grille et le clavier. Les touches physiques, arrondies, remplacent le verre pour composer et raccrocher. L'ensemble forme une disposition immédiatement reconnaissable, même si les plus jeunes propriétaires se demanderont pourquoi quiconque accepterait de transporter un appareil aussi voyant.

Cette proéminence ne signifie pas pour autant une coupure avec la technologie contemporaine. Le combiné se connecte à l'iPhone par Bluetooth : le téléphone continue d'assurer la liaison cellulaire et doit rester à portée. On peut donc le laisser dans un tiroir pendant une lecture ou une séance de travail, les réglages de concentration de l'iPhone décidant quels appelants ont le droit d'interrompre l'après-midi. Une fois la conversation terminée, aucun fil d'actualité n'attend derrière l'écran d'appel : le combiné se repose sans qu'il faille décider quoi faire d'autre dessus.

Le caractère rétro n'est pas figé. L'enceinte imprimable est proposée avec trois styles de grille de haut-parleur, allant des perforations aux rayures horizontales, et trois dessins d'antenne. Un boîtier laisse même l'ouverture d'antenne fermée. Les constructeurs peuvent ainsi choisir une silhouette plus sobre ou conserver la forme exagérée, sachant que supprimer cette longue excroissance retire une bonne part de la plaisanterie visuelle.

La genèse du projet est étonnamment manuelle. Avant de valider le boîtier imprimé, ses proportions ont été explorées avec de la mousse et une découpeuse à fil chaud. C'est une vieille habitude du design industriel, mais elle a un but pratique : tenir une forme à taille réelle et retirer de la matière au besoin. Un modèle numérique décrit un combiné sans dire comment il occupe la main.

Se procurer l'objet demande toutefois plus que choisir une couleur. Ce qui est vendu, à 29,99 euros, est un téléchargement numérique et non un combiné fini. Le paquet comprend les pièces imprimables, un firmware compilé, les fichiers de fabrication de la carte électronique, une liste de composants et un guide de montage. Il faut se procurer soi-même l'électronique requise et tout assembler. Les fichiers de conception modifiables et le code source du firmware ne font pas partie de l'offre. Aucun kit DIY en boîte n'est disponible, et sa sortie n'est pas programmée. Une version autonome 4G serait en développement, selon le créateur, mais elle ne doit pas être confondue avec cette déclinaison Bluetooth.

Pour l'instant, la brique reste un accessoire du smartphone que l'on cherche à éviter. Partir sans son iPhone en n'emportant que le combiné ferait manquer un détail essentiel : le téléphone doit rester à portée pour assurer la connexion. Un combiné séparé implique aussi de trouver de la place pour un appareil supplémentaire et de penser à le recharger. Son gabarit encombrant se imagine plus facilement sur un bureau que dans une poche de jean. Mais l'idée tient : entre deux appels, il n'y a rien à consulter, et c'est précisément l'objectif.

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