The Strokes ont offert à leur public new-yorkais un concert de retrouvailles à domicile, entourés pour l'occasion de Beach House, TV on the Radio et Fcukers. Le groupe, qui a enchaîné les festivals tout au long de l'année, a choisi de concevoir une affiche à la hauteur de son statut de figure de proue de la scène indie américaine, transformant cette date en une célébration de la musique indépendante.
L'année a été particulièrement chargée pour le groupe originaire de New York, qui a été tête d'affiche ou quasi-tête d'affiche d'au moins huit festivals, parmi lesquels Coachella, Bonnaroo, Summer Sonic, Outside Lands, Shaky Knees et Just Like Heaven. Cette succession de dates a confirmé la place de The Strokes comme un pilier des grands rendez-vous musicaux internationaux, plus de deux décennies après ses débuts.
Pour ce retour à la maison, le groupe a donc imaginé une programmation qui rassemble plusieurs générations et esthétiques de la scène indépendante. Beach House, duo de dream pop devenu une référence du genre, TV on the Radio, formation new-yorkaise au croisement du rock, du funk et de l'électronique, et Fcukers, projet plus récent, complètent une affiche qui se veut un panorama de la richesse musicale de la ville.
Ce concert s'inscrit dans un contexte où la scène indie des années 2000 connaît un regain d'intérêt manifeste. Le DJ et producteur britannique Erol Alkan, figure de proue des nuits londoniennes de cette époque, publie justement un livre consacré à Trash, le club qu'il a fondé et animé de 1997 à 2007. Cet ouvrage, intitulé Trash: A Club, A Sound, A Home, rassemble soixante-dix heures d'entretiens avec trente-neuf personnalités ayant marqué les lieux.
Trash a joué un rôle déterminant dans l'émergence de plusieurs courants, du renouveau garage-rock à l'electroclash en passant par la new rave. Des groupes comme Yeah Yeah Yeahs, LCD Soundsystem, Peaches, Scissor Sisters, Bloc Party ou Klaxons s'y sont produits à leurs débuts. Le club, d'abord installé à Soho avant de déménager dans le West End, a été décrit comme « le plus grand disco de croisement indie de tous les temps ».
Erol Alkan souligne d'ailleurs le rôle charnière qu'ont joué The Strokes et The White Stripes dans la refonte de cette période. Selon lui, c'est l'arrivée de ces groupes, combinée à l'expérience de Trash, qui a permis de réunir des univers musicaux alors dispersés. Il évoque une époque où la culture alternative et la culture dance coexistaient sur les mêmes étagères et dans les mêmes walkmans, avant que la scène ne trouve un nom et une identité collective.
Le DJ britannique doit par ailleurs se produire ce week-end à Londres, aux Drumsheds, aux côtés de 2ManyDJs, The Avalanches, Kittin & The Hacker, Felix Da Housecat, Friendly Fires et New Young Pony Club, à l'occasion d'une journée spéciale célébrant le tournant du siècle. Un événement qui témoigne, comme le concert new-yorkais de The Strokes, de la persistance de cet héritage musical auprès du public actuel.
Avec cette affiche réunissant Beach House, TV on the Radio et Fcukers, The Strokes ne se contentent pas de clore une année de tournées : ils rappellent que la scène indépendante new-yorkaise reste un creuset vivant, capable de faire dialoguer les esthétiques et les générations. Pour leurs fans, ce concert à domicile constitue assurément l'un des moments forts de leur saison musicale.