Wireva

Russie : des détenues recrutées pour la guerre dénoncent un système de coercition sexuelle

L’enquête de Verstka relie contrats pénitentiaires, affectations militaires et accusations de violences sexuelles. Des sources séparées confirment le service de Lyudmila Poltarakova dans un bataillon médical et son ordre de départ vers le front.

Женщины из колоний заявили о сексуальном насилии после вербовки в российскую армию

Sergey Korovkin 84 / Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0 · rights

Cet article a été produit avec l’aide de l’IA sous la responsabilité éditoriale de Haydamax OU.

Une enquête sur les femmes recrutées dans les prisons russes pour servir dans la guerre contre l’Ukraine fait apparaître trois niveaux de dépendance: la peine de prison, le contrat militaire et l’affectation décidée par la hiérarchie. C’est dans cet espace que plusieurs femmes disent avoir subi des pressions sexuelles de la part de commandants.

Selon Verstka, la vague de recrutement étudiée proposait des contrats d’un an, une rémunération mensuelle à partir de 220 000 roubles, des paiements en cas de blessure et la libération du reste de la peine. Plusieurs centaines de femmes auraient été formées puis envoyées comme auxiliaires médicales.

Le premier mécanisme décrit par une témoin concerne l’affectation. Un commandant aurait proposé de maintenir des femmes à l’hôpital plutôt que de les envoyer plus près de la ligne de front si elles venaient le voir la nuit. Certaines ont accepté. La source dit qu’elles ont ensuite appris que cet officier ne disposait pas réellement du pouvoir d’attribution qu’il prétendait avoir.

Le témoignage de Lyudmila Poltarakova contient une accusation de viol. Elle affirme que le commandant de régiment Sergey Zhitkov la convoquait d’abord pour des massages, puis a adopté un comportement agressif. Selon elle, il l’a violée en février 2025 et les violences se sont poursuivies en mars. Cette accusation n’a pas été établie par une décision judiciaire publique.

Poltarakova affirme aussi qu’on lui a demandé par la suite de fournir des services sexuels à un autre militaire de haut rang. Après son opposition, elle a été transférée vers une autre unité médicale. Elle dit toutefois avoir dû signer auparavant un document affirmant que Zhitkov n’avait commis aucune violence contre elle. Elle explique cette signature par la peur des conséquences pour son service.

En juin 2026, Verstka rapporte que Poltarakova a déposé une plainte pour viol auprès d’un procureur militaire. Elle a ensuite commencé à déclarer qu’on cherchait à l’envoyer en première ligne et qu’elle craignait que cette décision ne mette volontairement sa vie en danger.

Des données publiées séparément permettent de recouper plusieurs éléments biographiques. Le 30 juin, un média a identifié Poltarakova comme membre sous contrat du 370e bataillon médical séparé. Son appel évoquait plus de 80 femmes détenues ayant signé des contrats avec le ministère de la Défense et décrivait leur travail dans des équipes d’évacuation au front. Une publication du 1er juillet rapportait ensuite qu’elle avait reçu un ordre urgent de rejoindre la zone de combat et qu’elle disait craindre pour sa vie.

Verstka a indiqué plus tard que Poltarakova était vivante et se trouvait en première ligne. Le média affirme qu’une procédure pénale a été ouverte contre elle pour refus d’un ordre de combat, alors qu’aucune procédure n’aurait été ouverte concernant son signalement de viol. Les sources publiques disponibles ne comprennent pas de documents judiciaires ou du parquet permettant de vérifier indépendamment ces deux éléments procéduraux.

Le repère de 2024 doit également être interprété avec prudence. Il correspond à la phase décrite dans la nouvelle enquête, mais la pratique est plus ancienne. Current Time publiait dès mars 2023 des informations sur le recrutement de femmes détenues et l’implication de représentants du ministère russe de la Défense. RFE/RL a ensuite interviewé une femme engagée depuis une colonie pendant l’été 2023, devenue infirmière dans la région de Donetsk. Elle faisait elle aussi état d’avances indésirables et d’écarts entre les promesses et les conditions réelles.

Ces éléments forment une tendance cohérente: le recrutement donne à l’institution militaire accès à des personnes dont la liberté dépend déjà de l’État, puis ajoute le risque de l’affectation au front. Le statut de la plainte de Poltarakova sera donc une donnée importante pour mesurer non seulement la réponse à une accusation individuelle, mais aussi la capacité de ce système à contrôler les abus qu’il peut produire.

Same event, other desks

Story file →