Johnny Marr, l'ancien guitariste des Smiths devenu artiste solo, s'apprête à dévoiler son cinquième album studio, 'The Age Of Everything', ce vendredi 2 octobre. Dans un entretien accordé à un média musical, il revient sur la genèse de ce disque, ses collaborations et son regard sur la scène actuelle, marqué par une admiration pour les jeunes formations comme Fontaines D.C.
Écrit à Londres en observant les passants, puis enregistré dans sa ville natale de Manchester, l'album compte dix titres pop lumineux et percutants. Marr explique avoir voulu explorer « l'idée de perception, et comment je perçois non seulement le monde mais aussi mes propres sentiments et ceux des gens qui m'entourent, pour les espionner et ensuite écrire des chansons à ce sujet ». Le disque aborde des questions sociétales sous un angle humain, avec un son résolument personnel. « Il y avait ce sentiment : si tu as ton propre son, fais-le et fais-le fort », confie-t-il.
Pour ce projet, Marr a adopté une méthode de travail inhabituelle : jouer les morceaux sur scène avant de les enregistrer. « J'ai l'habitude d'être assez délibéré. Je suis entré dans ce disque avec un vrai sens de l'objectif ; c'est pourquoi nous avons joué huit des dix chansons en concert sur la route », précise-t-il. Il compare cette détermination à celle de Brian Eno ou de Damon Albarn, avec qui il a collaboré sur l'album 'The Mountain' du groupe virtuel Gorillaz. Cette expérience lui a notamment appris à « être ouvert d'esprit, laisser certaines choses se faire naturellement, garder son éthique de travail, ne pas attendre que les choses arrivent ».
Au fil de l'entretien, Marr exprime son enthousiasme pour les nouveaux talents. Il se souvient avoir été immédiatement séduit par Fontaines D.C., dont il aime l'authenticité et l'énergie de groupe. « Je peux entendre quand une chanson a commencé dans une salle de répétition », dit-il, racontant qu'il demande toujours aux groupes de première partie où ils répètent. Pour lui, c'est là que vit et se crée la musique indie. Il cite également The Cure parmi ses influences et se réjouit de voir la jeune génération « vraiment éveillée » et prête à défendre ses idées.
L'artiste n'hésite pas à s'engager contre ce qu'il appelle les « connards aux opinions douteuses ». Il salue l'engagement des jeunes musiciens et estime qu'ils sont plus conscients des enjeux sociaux et politiques que par le passé. Cette prise de position s'inscrit dans la lignée de son parcours, lui qui a toujours mêlé carrière musicale et convictions personnelles. Il évoque aussi la réconciliation entre les fans de The Cure et des Smiths, deux camps historiquement opposés, signe selon lui d'une époque qui évolue.
Le guitariste revient par ailleurs sur la période qui a suivi la sortie de son best-of et de son livre sur ses guitares, y voyant une forme de « nettoyage des ponts » qui a ouvert la voie à ce nouvel opus. Il raconte avoir puisé son inspiration dans la musique ambient, Boards of Canada, Fontaines D.C. et Gorillaz, tout en s'appuyant sur son propre répertoire solo. 'The Age Of Everything' marque ainsi une nouvelle étape dans une carrière déjà riche, sans renier l'héritage des Smiths mais en regardant résolument vers l'avenir.