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Trois chandeliers monumentaux recréent le ballroom historique d'Yves Saint Laurent au Trocadéro

Pour le défilé Saint Laurent printemps-été 2027, Anthony Vaccarello et Bureau Betak ont installé trois chandeliers monumentaux au Trocadéro, faisant revivre le ballroom de l'Hôtel InterContinental où Yves Saint Laurent présentait ses collections de haute couture.

Le Trocadéro s'est transformé en salle de bal à ciel ouvert. Pour présenter la collection printemps-été 2027 de Saint Laurent, le directeur artistique Anthony Vaccarello a confié à Bureau Betak la conception d'une scénographie qui convoque l'un des souvenirs spatiaux les plus reconnaissables de la maison : le ballroom de l'Hôtel InterContinental, où Yves Saint Laurent présentait autrefois ses collections de haute couture.

Trois chandeliers monumentaux, suspendus au-dessus du podium, structurent désormais l'espace. Leur échelle dépasse celle d'un simple décor : ils fonctionnent comme une architecture temporaire, créant un plafond sans murs au cœur de la place parisienne. La tour Eiffel, en arrière-plan, complète une scénographie qui n'avait guère besoin d'être surchargée.

Plutôt que de reconstituer la salle historique mur par mur, Bureau Betak en extrait les ingrédients essentiels : un éclairage théâtral, un podium formel, la symétrie et la chaleur dorée des luminaires. Le résultat déplace la référence du registre de la reproduction vers celui de l'abstraction, transformant un code d'architecture intérieure en véritable scénographie urbaine.

Le choix du lieu n'est pas anodin. L'Hôtel InterContinental occupait une place centrale dans le rituel des défilés de la maison, avec ses intérieurs ornés, ses lustres et une mise en scène délibérément solennelle. Vaccarello conserve cette formalité, mais la transpose dans un cadre public et ouvert, où Paris devient lui-même partie intégrante du décor.

Face aux proportions monumentales du Trocadéro, les trois chandeliers agissent comme des points de lumière suspendus au-dessus du long podium, tout en laissant le paysage urbain visible. L'ensemble équilibre nostalgie et spectacle sans jamais basculer dans la reconstitution d'époque. Bureau Betak agrandit un motif familier de Saint Laurent jusqu'à lui permettre de rivaliser avec l'une des vues les plus photographiées de la capitale.

L'or relie la collection à l'environnement. Les surfaces lamées, les brocarts et les matières métalliques captent l'éclairage chaud des chandeliers, faisant des vêtements des prolongements mobiles du décor plutôt que de simples silhouettes qui le traversent. Sous les lumières, les différents tons dorés passent d'un aspect réfléchissant, presque liquide, à des surfaces plus sombres et plus lourdes, renforçant le dialogue matériel entre le podium, les vêtements et la scénographie.

L'installation traite finalement les archives Saint Laurent moins comme un objet à reproduire que comme une matière à agrandir, déplacer et légèrement exagérer. Un ballroom devient une pièce à ciel ouvert, les chandeliers deviennent des objets à l'échelle urbaine, et la ligne d'horizon parisienne remplace les murs décorés. Pour une collection construite autour de l'or, la retenue n'était sans doute pas le propos.

Bureau Betak et Vaccarello rendent ainsi la référence historique visible depuis l'autre bout de la place, faisant du Trocadéro un théâtre temporaire où le patrimoine de la maison dialogue avec le paysage parisien.

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