Wireva

Entre familles, mémoire et Europe, la Volhynie revient au cœur du lien polono-ukrainien

La demande de Włodzimierz Czarzasty touche à la fois l’adhésion à l’UE et le droit des familles à la mémoire. Le dialogue continue malgré une terminologie historique toujours conflictuelle.

Cet article a été produit avec l’aide de l’IA sous la responsabilité éditoriale de Haydamax OU.

Derrière la formule politique sur l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, il y a des familles, des tombes et une mémoire restée ouverte pendant des décennies. C’est ce qui rend la nouvelle déclaration du président de la Diète polonaise Włodzimierz Czarzasty particulièrement sensible.

Le 10 août, après avoir rencontré le président du Parlement ukrainien Ruslan Stefanchuk, Czarzasty a déclaré que l’entrée de l’Ukraine dans l’UE devrait s’accompagner d’une réflexion sur son histoire et d’une reconnaissance de ce que la Pologne qualifie de génocide en Volhynie.

Il a pourtant réaffirmé qu’il soutient l’adhésion de l’Ukraine. Ce double message résume la difficulté actuelle : Varsovie veut voir l’Ukraine intégrée à l’Europe, mais refuse que cette intégration soit construite en mettant de côté une histoire qui reste extrêmement présente dans de nombreuses familles polonaises.

Les règles européennes n’ont pas changé. L’UE n’a pas créé de nouvelle condition juridique spécifique à la Volhynie. L’Ukraine mène déjà des négociations et deux groupes de chapitres ont été ouverts. Mais l’admission d’un nouveau membre exige l’accord unanime des États de l’Union, ce qui donne à la Pologne un véritable poids politique.

Le 17 juillet, la Diète polonaise a adopté par 441 voix contre zéro une résolution honorant les victimes de crimes commis par des nationalistes ukrainiens et utilisant le mot génocide. Cette unanimité explique pourquoi la question ne peut pas être réduite à une polémique lancée par une seule formation politique.

En Ukraine, le travail sur les sépultures avance également. L’Institut ukrainien de la mémoire nationale a annoncé des recherches et des exhumations dans les anciens villages d’Ostrivky et de Volia Ostrovetska, en Volhynie, entre le 13 juillet et le 7 août. L’objectif est de retrouver des restes de personnes tuées en 1943 et de permettre leur réinhumation.

Cette dimension est essentielle. Les débats nationaux utilisent souvent de grands mots — génocide, héroïsme, culpabilité, réconciliation. Les familles ont parfois une demande beaucoup plus concrète : savoir où une personne est morte, retrouver une tombe, pouvoir déposer une fleur et transmettre une histoire sans incertitude.

Après la résolution polonaise de juillet, le ministère ukrainien des Affaires étrangères, selon European Pravda, a rappelé que des responsables ukrainiens et polonais avaient honoré ensemble la mémoire de victimes innocentes des deux peuples. Cette formulation n’est pas identique à celle de Varsovie, mais elle maintient un espace de reconnaissance mutuelle.

Czarzasty lui-même a déjà soutenu très clairement la trajectoire européenne de l’Ukraine. En février, il a signé avec Stefanchuk une déclaration en faveur de l’adhésion. En juin, il a décrit cette adhésion comme un intérêt vital de la Pologne. Son discours actuel signifie donc moins une fermeture qu’une exigence nouvelle à l’intérieur d’un partenariat toujours jugé nécessaire.

Le contexte de la rencontre du 10 août est révélateur. Les deux responsables visitaient aussi des enfants ukrainiens touchés par la guerre et accueillis en Pologne. La solidarité actuelle et la douleur historique ne s’annulent pas ; elles coexistent dans la même relation.

Czarzasty a d’ailleurs appelé à reconstruire la confiance et à condamner les mauvais comportements aussi bien envers les Ukrainiens qu’envers les Polonais. La détérioration du climat social est un danger réel, car elle peut transformer une discussion sur les responsabilités historiques en hostilité contre des personnes vivant aujourd’hui.

Une réconciliation durable ne se fabriquera probablement pas avec une seule déclaration. Elle demande des archives ouvertes, des recherches sérieuses, des exhumations, des commémorations dignes et une langue politique capable de reconnaître les victimes sans transmettre une culpabilité collective aux générations actuelles.

L’adhésion à l’Union ajoute une échéance et un rapport de force à cette tâche. Mais elle peut aussi créer une raison supplémentaire de la mener. Si la Pologne et l’Ukraine veulent partager un même espace politique européen, elles devront trouver une manière de porter ensemble cette mémoire sans que les morts deviennent une frontière permanente entre les vivants.

Same event, other desks

Story file →